Un an après Reims, le PS est repris par ses démons

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OppositionLes socialistes ont célébré hier comme ils savent le faire le premier anniversaire du congrès de Reims, par une nouvelle déchirure et une avalanche de petites phrases assassines. Personne ou presque n'a manqué à l'appel pour commenter le dernier épisode de la « guerre des roses », la rupture médiatisée entre Ségolène Royal et Vincent Peillon. Laurent Fabius a parlé d'un incident « pitoyable », Lionel Jospin a refusé de se « mêler de la vie interne d'un courant du PS », Pierre Moscovici a fustigé « une mauvaise querelle », Aurélie Filipetti a proposé de « rétablir la fessée » au PS? Même Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, s'est dit « effaré par le niveau de haine » entre l'ex-candidate à la présidentielle de 2007 et son ancien lieutenant.Le congrès de novembre 2008 n'avait réglé aucune des questions qui empoisonnent la vie du PS depuis la présidentielle perdue de 2007, et la situation n'a guère évolué : alors que Nicolas Sarkozy franchit le cap de la mi-mandat dans un climat difficile, leadership et programme manquent cruellement du côté du principal parti d'opposition.Martine Aubry, élue première secrétaire fin novembre 2008 dans des conditions toujours controversées, ne s'est pas imposée comme chef de l'opposition. Elle s'est concentrée sur les enjeux internes rue de Solferino au lieu de se faire entendre des Français. La maire de Lille est de plus contestée à l'extérieur par les écologistes et « la gauche de la gauche » et à l'intérieur par les autres présidentiables, de plus en plus tentés de faire entendre leur voix à l'approche d'éventuelles primaires pour la désignation du candidat de 2012.puissance de feuSégolène Royal, la grande vaincue du congrès de Reims, conserve une puissance de feu médiatique à nulle autre pareille. Elle vient encore de le démontrer en bombardant simultanément le gouvernement, avec le lancement du « pass contraception » pour les lycéennes de Poitou-Charentes, et le PS, avec son passage houleux samedi à Dijon à la réunion du courant l'Espoir à gauche ? qui l'avait soutenue à Reims. Mais elle doit faire face à un front élargi de ses opposants, qui lui reprochent d'adopter dans la préparation des primaires une stratégie bien trop personnelle, proche de celle choisie par Nicolas Sarkozy dans sa conquête du leadership de la droite.Un sondage publié hier dans « Libération » confirme à quel point les jeux restent ouverts au PS. Si Dominique Strauss-Kahn et Bertrand Delanoë conservent aisément leur statut de favoris, Martine Aubry recule au profit de François Hollande, son prédécesseur à la tête du PS, qui s'affirme de plus en plus comme un présidentiable en jouant l'unité des socialistes. Il a ainsi refusé de commenter le « match » Peillon-Royal. Ségolène Royal est distancée mais ne perd pas de points. La présidente de Poitou-Charentes compte sur les régionales de mars pour se relancer dans la course.

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