Faudra-t-il couvrir d'éoliennes un quart de la France ?

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100 % du territoire français cultivé pour transformer la biomasse en énergie, un quart du territoire couvert d\'éoliennes, la moitié s\'il s\'agit de panneaux photovoltaïques...ce sont les surfaces qui seraient nécessaires pour alimenter complètement l\'Hexagone en énergies renouvelables. David J.C.MacKay, professeur de physique à l\'université de Cambridge, ne prétend pas à une maîtrise universitaire de l\'énergie. En revanche, ce passionné d\'arithmétique, par ailleurs totalement convaincu de la réalité du réchauffement climatique et du rôle qu\'y jouent les énergies fossiles, tient à rappeler quelques ordres de grandeur afin de tordre le cou aux illusions des écolos, et même de très sérieux tenants de la croissance verte.Des exemples piochés dans la vie quotidienneIl le fait dans « L\'énergie durable, pas que du vent ! » rédigé en 2008, publié à la fois sur papier et en accès libre sur Internet. Il s\'en est vendu 70.000 exemplaires. Dans l\'année suivant la publication, il était nommé au département de l\'énergie et du changement climatique au gouvernement britannique. La traduction française a été réalisée cette année par une équipe de bénévoles, tout comme les versions allemande, slovaque, polonaise, japonaise, espagnole ou hongroise.L\'auteur prévient d\'emblée qu\'il a procédé par estimations et calculs arrondis, en piochant ses exemples dans la vie quotidienne, afin de privilégier la pédagogie de ses démonstrations. Il rappelle par exemple qu\'un aller-retour transatlantique en avion correspond en moyenne à 2 tonnes de CO2 par passager, pour une consommation moyenne annuelles d\'environ 8 tonnes par Européen.Des énergies renouvelables, mais aussi du nucléaire et du captage de CO2Au vu des calculs détaillés dans l\'ouvrage, on comprend que les performances actuelles des énergies renouvelables ne permettent pas d\'envisager qu\'elles fournissent 100 % de la consommation française. Et même si, depuis, certaines technologies ont bien progressé, cela ne change pas radicalement la donne, d\'après David J.C.MacKay. « Les coûts vont continuer à baisser, ce qui est une bonne chose, reconnaît-il. Mais les lois de la physique sont immuables et selon lui, les performances actuelles sont déjà proches des limites physiques : le photovoltaïque ne pourra pas dépasser un rendement de 31 %, et on est déjà à plus de 20 %. Dans l\'éolien, des prototypes à voile permettent de diviser par cinq la quantité de matière nécessaire, et donc le coût. Mais cela ne change rien à l\'emprise au sol.Conclusion : « Le nucléaire occupe beaucoup moins de place et a une durée de vie bien plus longue. » Mais à ses yeux, c\'est surtout le captage et stockage de CO2 qui apporteront une part importante de la solution. « C\'est essentiel étant donné la quantité d\'énergies fossiles à bas coûts disponibles. »La certitude d\'un prix du carbone durablement élevéCôté économies d\'énergie, la rentabilité des investissements reste aussi incertaine que l\'évolution des coûts. Mais dans tous les cas, les économies réalisées au fil du temps viendront compenser l\'investissement de départ. Reste à trouver les bons modes de financement, d\'autant plus que ce ne sont pas toujours les mêmes personnes qui consentent les investissements et bénéficient des économies...« Seul un prix du carbone dont on sait qu\'il sera durablement élevé constitue une incitation efficace à l\'investissement », ajoute David J.C.MacKay. Or, force est de constater que le marché européen d\'échange de quotas n\'a pour l\'heure pas montré sa capacité à crée ce signal. On comprend que David J.C.MacKay pencherait plutôt pour un système de taxe, dont le prix plancher fixé pour le CO2 en Angleterre n\'est d\'ailleurs pas très éloigné.   

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