La Bourse passée au crible de Weber

Avant d'acquérir la célébrité en publiant « l'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme » et « le Savant et le politique », devenus des classiques des sciences sociales, le sociologue et économiste allemand Max Weber (1864-1920) s'était penché sérieusement sur l'étude et l'observation de l'organisation des marchés. L'ouvrage qui en a résulté, sobrement intitulé « la Bourse », a paru en 1896. Traduit en français aujourd'hui, ce qui frappe d'emblée est l'actualité du propos. Traçant la généalogie de l'apparition des Bourses des valeurs et de commerce, Weber montre combien ces institutions s'inscrivent dans le développement historique de l'organisation économique et sociale à travers la planète, avec la place prépondérante prise par l'entreprise, et les modes d'investissement utilisés pour sa croissance, par exemple l'actionnariat. En passant, l'étude permet de battre en brèche bien des poncifs et clichés critiques à l'égard de la Bourse, avec le rôle joué notamment par les lettres de changes, ancêtres des produits dérivés. L'analyse des divers acteurs - industriels, artisans, négociants, courtiers - ainsi que des liens étroits qu'entretient la Bourse avec le monde économique en général est menée avec un rare talent didactique. Paradoxalement, ce petit ouvrage vieux de plus d'un siècle se révèle être une des meilleures introductions actuelles pour comprendre les raisons et le fonctionnement de la Bourse en général. Robert Jules« La Bourse », par Max Weber, éditions Allia, 147 pages, 6,10 euros.

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