« L'absence de prix de référence attise les tensions du secteur laitier »

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Le lancement des trois contrats sur le lait sur le Nyse liffe est imminent. Le lait, le beurre et le petit lait auront des points de livraison dans le nord de l'Europe.Comment avez-vous mis en place les contrats sur les produits laitiers ?Nous travaillons sur les spécifications de ces contrats depuis 2008, période à laquelle les opérateurs de la filière nous ont contactés. Il y a eu de longues concertations entre producteurs, consommateurs et négociants, en raison du nombre important de pays concernés, les principaux pays producteurs - à savoir les Pays-Bas, le Royaume-Unis, l'Irlande, le Danemark, la France -, et aussi les autres. Le mois dernier, nous avons réuni ces acteurs à Amsterdam, pour préciser les dernières spécifications du contrat de poudre de lait écrémé. Quelles seront-elles ?Nous allons lancer trois contrats : dans un premier temps sur la poudre de lait écrémé, puis par la suite sur le beurre ainsi que la poudre de lactosérum (petit lait). Standardisés, seul leur prix sera négocié et proposé sur les douze mois de l'année. Le contrat sur le lait écrémé en poudre correspondra à un lot de 24 tonnes, soit la taille d'un camion. Négociés à Paris, comme le blé le maïs et le colza, ces instruments seront encadrés par l'Autorité des marchés financiers et compensés par LCH. Clearnet. Les lieux de livraison seront Rotterdam, Hambourg et Anvers, dans un rayon de 150 km pour les trois villes. Nous prévoyons de lancer le contrat sur la poudre de lait écrémé au troisième trimestre 2010Eurex va aussi lancer des dérivés. Comment expliquez-vous cet engouement des marchés pour le lait ?La dérégulation progressive des marchés du lait incite la filière à s'intéresser aux marchés à terme. De plus, l'augmentation de la volatilité dans les cours ces dernières années pousse fortement les opérateurs à intégrer le risque de prix. Le secteur est en difficulté aujourd'hui, et le fait qu'il n'y ait aucun prix de référence renforce les tensions. Les marchés à terme vont permettre aux producteurs et industriels de se couvrir contre le risque de volatilité et faciliter les échanges. Que pensez-vous du lancement d'un contrat international sur le lait par le CME ?Les principales régions laitières dans le monde sont très distinctes, par exemple en Europe, aux Etats-Unis, ou en Océanie. Le marché n'est pas prêt pour une référence internationale, compte tenu notamment des barrières commerciales et douanières. C'est pourquoi nous privilégions une dimension européenne dans un premier temps. Par rapport à ces concurrents potentiels, nous tenons à ce que nos contrats soient à livraison physique, comme le sont tous nos contrats de matières premières agricoles, afin d'optimiser la corrélation entre marché au comptant et marché à terme.Propos recueillis par Aline RobertNicholas Kennedy, Responsable Produits Matières Premières chez NYSE Liffe

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