Le capital-investissement courtise les fonds souverains

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Les sociétés de capital-investissement sont en chasse. En chasse de nouveaux actionnaires, afin de pallier la désaffection de leurs traditionnels pourvoyeurs de fonds, à savoir les banques. Contraintes par la future réglementation dite de Bâle III de renforcer leurs bilans, celles-ci ont déjà commencé à se désengager du "private equity", particulièrement gourmand en capitaux. En 2011, les banques ne pesaient déjà plus que 8% des fonds levés par le capital-investissement, contre 11% en 2008, à l'échelle mondiale, selon le cabinet Preqin.100 milliards de dollars supplémentaires d'ici à 2014Le "private equity" devrait trouver sans trop de peine des investisseurs de substitution avec les fonds souverains, ces fonds de placements financiers détenus par des Etats. Non seulement ces derniers gèrent au total la somme colossale de 4.600 milliards de dollars, mais ils cherchent en outre à diversifier leurs investissements, au-delà des hydrocarbures et hors des frontières du Moyen-Orient ou de la Chine. Compte tenu de l'énormité de leurs moyens financiers, leur préférence va aux fonds de LBO (Leverage Buy-Out : acquisition par endettement) plutôt qu'au capital-risque ou au capital-développement. Ainsi, le fonds de LBO Hellman & Friedman a déjà bénéficié de leurs largesses, en levant auprès de Government of Singapore Investment Corporation et de New Zealand Superannuation Fund un fonds de 8,8 milliards de dollars, supérieur à son objectif de 7 milliards. Au total, le non-coté devrait représenter 4% des montants gérés par les fonds souverains, d'ici à 2014, contre 3,5% actuellement, soit 100 milliards de dollars supplémentaires, selon une étude de Morgan Stanley.Un taux de rendement à deux chiffresDe la même façon, la banque estime que les fonds de pension, alimentés par l'épargne des salariés, investiront 6% de leurs actifs sous gestion dans le capital-investissement, d'ici à deux ans, contre 5,5% aujourd'hui, ce qui représentera un afflux de 270 milliards de dollars. Si les fonds de pension et les fonds souverains ne se font plus (trop) prier pour abonder le capital-investissement, c'est parce que, malgré la crise financière, celui-ci a encore dégagé un taux de rendement moyen à deux chiffres (11,5%) en 2011, alors que les placements en actions ont baissé de 3,7% en moyenne, selon Preqin. Pas plus que les placements monétaires, qui ne rapportent plus rien, les obligations souveraines ne souffrent la comparaison avec la rentabilité du "private equity", le rendement du "Bund" allemand, par exemple, se limitant actuellement à 1,4%.Les "petits" laissés pour compteReste que les fonds de pension, en particulier nord-américains, et les fonds souverains ne sont pas une panacée pour l'ensemble du capital-investissement. Car ces grands investisseurs institutionnels n'ont pas le droit d'investir en dessous d'un certain seuil. Ce qui laissera sur le bas-côté nombre de sociétés de private equity de taille moyenne, en particulier en France, le capital-investissement hexagonal comptant une kyrielle de petits acteurs. 

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