Algérie-France : les sujets qui fâchent !

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L’Algérie et la France ont-elles enfin décidé de mettre de côté les sujets qui fâchent pour relancer leurs relations, après plusieurs années de tensions? Depuis l’annonce de la visite du président Français Hollande en Algérie, les langues anti-françaises au sein du pouvoir algérien se sont mystérieusement tues... Pour sa première visite les 19 et 20 décembre en Algérie, le président Hollande arrive donc presque en pays conquis. Alger va dérouler le tapis rouge pour l’accueillir, avec trois bains de foule, deux dans le centre-ville de la capitale algérienne et un autre à Tlemcen (extrême ouest). Mais les sujets qui fâchent, politiques et économiques, demeurent nombreux et risquent de ressurgir dans les prochains mois.Il y a l’inévitable repentance sur les crimes coloniaux réclamée par Alger, les problèmes de circulation des personnes entre les deux pays. L’Algérie veut plus de visas à ses ressortissants et la France réclame notamment le droit au retour des pieds noirs et des harkis. La crise malienne où l’Algérie soupçonne la France de contester son statut de puissance régionale, le conflit au Sahara occidental et l’appui de Paris au projet d’autonomie marocain et l’enquête sur l’assassinat des sept moines de Tibhirine en 1996, avec les soupçons français de l’implication de l’armée algérienne dans cette tuerie.L\'épineuse question des investissementsAu plan économique, les contentieux sont également nombreux et portent essentiellement sur les demandes algériennes d’investissement dans la production. L’Algérie veut réduire sa dépendance vis-à-vis des importations notamment de l’ancienne puissance coloniale et cherche aussi à diversifier ses partenaires économiques. Ainsi, en dix ans, la France a vu sa part de marché chuter de 25% à moins de 15% en Algérie.Elle est désormais talonnée par la Chine sur la liste des pays fournisseurs. Contrairement aux groupes chinois et espagnols, les entreprises françaises n’ont pas profité des colossaux plans d’investissements publics algériens, plus de 300 milliards de dollars depuis 2001. Paris reproche à Alger de n’avoir pas donné une part du grand gâteau que représente ses plans de développements aux groupes français.De son côté, l’Algérie a pratiquement fermé la vanne et exige des groupes français qu\'ils investissent sur son territoire pour accéder à la commande publique. Ce qu’elle ne fait pas avec les groupes chinois par exemple! Des poursuites judiciaires ont été lancées à l’encontre de Sanofi pour surfacturation de produits importés et des projets importants comme celui de Total avec le groupe pétrolier public Sonatrach dans la pétrochimie s’éternisent. Le cimentier Lafarge a longtemps souffert avant d’obtenir l’autorisation de réaliser deux cimenteries en partenariat avec un groupe privé local. 

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