Bientôt un dispositif d'urgence pour éviter un krach obligataire ?

 |   |  474  mots
Assurer le fonctionnement des marchés secondaires européens d'obligations d'entreprises en temps de crise. Alors que les réflexions se multiplient sur la place de Paris pour améliorer la transparence et la liquidité de ce compartiment, un rapport de l'Autorité des marchés financiers (AMF) préconise plus particulièrement la mise en place d'un système de refinancement d'urgence auprès de la Banque centrale européenne (BCE) quand la situation l'exige.Selon les deux auteurs de l'étude, Jean-Pierre Pinatton et Dominique Hoenn, il s'agirait pour l'institution monétaire d'offrir aux banques un moyen d'apporter lors de ses opérations de refinancement des titres obligataires en échange de liquidités. « Un système autorisant, en cas de conditions anormales de marché qui devraient être définies au préalable avec la BCE, les banques à pouvoir porter [?] leurs titres auprès de la BCE, permettrait aux teneurs de marché de pouvoir se mettre à l'achat (le sens recherché par les investisseurs dans ces périodes) sans pour autant remettre en cause la situation de liquidité de leur banque », souligne le rapport. Un tel dispositif graverait dans le marbre une procédure que la BCE a mise en place au fil de l'eau depuis fin 2008, dépensant en négociations un temps précieux au moment où l'urgence commandait.En proposant des prix à l'achat et des prix à la vente sur de nombreuses lignes obligataires, les banques sont en effet au c?ur du marché obligataire secondaire. Elles sont quasiment les seuls opérateurs à animer un marché où les investisseurs (fonds de pension, fonds souverains, particuliers) conservent généralement leur placement jusqu'à l'échéance. Selon la notation de l'obligation qu'elle détient, une banque doit mobiliser plus ou moins de fonds propres pour couvrir son risque, ce qui a un coût. Son but est donc de s'en défaire le plus tôt possible, et de se refinancer en attendant. « En fin d'année dernière, les seuls acheteurs de dernier ressort sur le marché obligataire, les banques, n'avaient plus les moyens en termes de fonds propres et de financement pour se placer en contrepartie des courants vendeurs », explique Dominique Hoenn, membre du collège de l'AMF.Ces ventes forcées, initiées par les premières secousses liées à la faillite de Lehman Brothers, se sont accélérées avec les dégradations de notation financière et la méfiance des investisseurs institutionnels et particuliers. L'absence grandissante de teneurs de marchés s'est traduite par une raréfaction d'informations pertinentes sur les prix et un déséquilibre entre l'offre et la demande. Avec à la clé une chute vertigineuse des prix, les rendements obligataires, qui varient en sens inverse, bondissant de 100 à plus de 250 points de base fin 2008. Julien Beauvieuxobligationsles banques sont au c?ur du marché obligataire secondaire.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :