La Russie baisse ses taux pour relancer le crédit

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Si plusieurs grands pays émergents se doivent de réduire la voilure de leur politique de distribution de crédit, la Russie a plutôt pour ambition de la stimuler. Le pays, dont le produit intérieur brut (PIB) s'est violemment contracté l'an dernier de 7,9 %, peine en effet à sortir de la crise. Le taux de chômage reste à un niveau élevé (9,2 %) tandis que la baisse des prix à la consommation ne cesse de s'accentuer. De 15 % en juin 2008, l'indice des prix à la consommation est tombé à 8 % en décembre dernier, et pourrait bien s'établir selon les prévisions du gouvernement entre 6,5 et 7 % cette année. Stimuler l'activitéC'est dans ce contexte que la banque centrale russe a annoncé, comme l'attendaient les analystes, sa décision d'abaisser son taux de refinancement. De 25 points de base seulement, là où certains analystes tablaient plutôt sur une baisse de 50 à 75 points de base. Quoi qu'il en soit, depuis avril 2009, ce taux a été réduit de 450 points de base, pour atteindre un plus-bas absolu de 8,5 % après être passé, en octobre dernier, sous la barre des 10 % pour la première fois de son existence. « Cette décision a été prise pour stimuler l'activité du secteur bancaire en vue d'injecter du crédit dans l'économie russe », a expliqué l'institution dans un communiqué.Limiter la hausse du rouble« D'un point de vue macroéconomique, ce geste paraît cohérent, relève Étienne Pourny, président de Stelphia, on peut parler de politique monétaire accommodante, même si, dans l'univers de générosité monétaire dans lequel nous évoluons, la Russie est restée à la traîne des autres banques centrales. » En d'autres termes, « d'un point de vue du différentiel des taux, les taux russes peuvent encore attirer les investisseurs qui croient que le rouble russe a encore du potentiel de hausse ». Selon certains analystes, cette baisse de taux risque effectivement de ne pas être suffisante pour enrayer - comme le souhaite également la banque centrale - les mouvements de capitaux spéculatifs, qui ont eu pour effet de faire grimper le rouble (+ 10 % entre la mi-juillet et mi-novembre 2009). Fait encourageant néanmoins, dès vendredi matin, JP Morgan a fait savoir qu'il n'était plus acheteur de roubles contre dollars.Une décision motivée à la fois par le début de normalisation monétaire aux États-Unis - susceptible de renforcer le dollar contre les autres monnaies - et la conviction que la tendance haussière des taux aux États-Unis devrait freiner la progression du prix des matières premières, dont la Russie reste dépendante.

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