Pourquoi les forages en mer restent indispensables
La Tribune
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Après l'optimisme de la fin de semaine dernière, la situation semblait plus confuse lundi sur le front de la marée noire qui souille le golfe du Mexique depuis l'explosion de la plate-forme « Deepwater Horizon », le 20 avril. Le succès de l'installation d'un nouveau dôme de confinement par BP demeurait incertain. Le groupe poursuivait lundi ses tests destinés à savoir si son puits, qui ne fuit plus depuis jeudi, peut supporter le surcroît de pression résultant de sa fermeture. Mais un écoulement d'huiles repéré dimanche soir à proximité du puits et dont on ne savait pas s'il en provenait, a fait naître de nouvelles inquiétudes. De quoi jeter un voile supplémentaire sur l'avenir de BP, dont le titre rechutait en Bourse après son embellie des derniers jours. Et accroître un peu plus la pression sur l'administration Obama qui a fait de la lutte contre cette marée noire, la pire jamais subie par les États-Unis, un des thèmes majeurs de son action politique. Le sujet sera d'ailleurs au centre de la première visite officielle à Washington du nouveau Premier ministre britannique, David Cameron ce mardi.Et l'industrie pétrolière dans son ensemble ? Curieusement, malgré cet accident hors normes, elle ne semble pas vraiment prête à faire sa révolution copernicienne. La production offshore, en particulier celle réalisée à grande profondeur, continuera à jouer un rôle central dans l'approvisionnement d'économies assoiffées d'hydrocarbures. Une fois l'analyse de l'accident menée à terme, les réglementations seront, de l'avis général, renforcées, renchérissant les coûts. Mais « ce pétrole doit être produit, le monde en a besoin », résumait récemment Christophe de Margerie, PDG de Total.Selon des données d'IHS Energy, l'offshore représente aujourd'hui pas moins de 30 % de la production d'hydrocarbures dans le monde, et une proportion un peu moindre des réserves. Il en est aussi la partie la plus visible, car exploitée par les grandes compagnies internationales cotées, écartées de nombreux pays producteurs au profit de leurs entreprises d'État. Les IOC - International Oil Companies, par opposition aux NOC, National Oil Companies - sont d'ailleurs toujours enthousiastes à promouvoir les prouesses technologiques nécessaires pour produire des huiles à plus de 3.000 mètres de profondeur.« La difficulté d'accès aux réserves est telle que l'offshore est incontournable. En dix ans, il est passé de 30 % des nouvelles découvertes à 38 % actuellement », souligne Sylvain Serbutoviez, ingénieur exploration-production et membre de la direction économique de l'IFP Énergies Nouvelles (l'ex-Institut français du pétrole).Les records étant faits pour être battus, et les réserves faciles d'accès déjà identifiées, les découvertes sont de plus en plus profondes. Selon l'IFP Énergies Nouvelles, près de 30 nouveaux champs situés sous plus de 1.000 mètres d'eau (Deep Offshore) devraient être mis en production tous les ans d'ici à 2020, plus du double de la décennie 2000-2010. Les plus importantes découvertes récentes, au Brésil, déboucheront sur une exploitation d'huiles enfouies à 9.000 mètres de la surface, sous 2.000 mètres d'eau et 7.000 mètres de roches !
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