Bruxelles veut s'émanciper des 27 pays européens pour son budget

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Las de devoir négocier son argent de poche avec les capitales, la Commission européenne a proposé mardi de réduire les contributions nationales au budget européen en les remplaçant progressivement par des « ressources propres ». Actuellement, 70% du budget européen de 140 milliards d'euros annuels sont alimentés par des contributions nationales, contre 10% à peine il y a 20 ans. Cette situation « provoque des débats douloureux sur le concept de « contributeur net » et est à l'origine des concepts complexes de rabais », regrette la Commission, faisant notamment référence au rabais britannique arraché par Margaret Thatcher. Parmi les pistes étudiées, Bruxelles propose « une part des recettes d'une taxe sur les transactions financières ou les activités financières, sur les ventes de quota d'émission de gaz à effet de serre, une taxe liée au transport aérien, une TVA européenne séparée, une part des recettes d'une taxe énergétique ou d'un impôt sur les sociétés ».« Un débat sans tabou »Cette volonté d'émancipation est largement soutenue par les eurodéputés. « Nous sommes en train de tuer l'Union européenne avec le système des contributions nationales », juge le patron des libéraux Guy Verhofstadt. Pour sa part, Joseph Daul, chef de file des élus de centre-droit, a réclamé un changement pour le budget de l'UE après 2013.Si la France et l'ensemble des pays du Sud de l'Europe penchent pour une réforme du système des ressources propres, ce n'est pas le cas de l'Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et des pays nordiques dont les opinions publiques verraient d'un mauvais oeil, surtout dans le contexte économique actuel, un « impôt européen ». Face à ces réticences, le président de la Commission José Manuel Barroso a appelé à « un débat sans tabous ».YAnn-Antony Noghès, à Bruxelle

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