La flambée de l'or fait le malheur des joailliers
La Tribune
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valeursLes temps sont durs pour la joaillerie, à l'approche des fêtes de fin d'année, une période durant laquelle l'industrie est censée réaliser le gros de son activité annuelle. Déjà confrontée à la crise économique et à la chute du dollar face à l'euro, la voici à présent en butte à la flambée de l'or. Car les joailliers ne sont autres que les principaux consommateurs du métal jaune au monde.Afin de contrebalancer la hausse de 20?% du prix de l'or depuis le début de l'année, certaines entreprises du secteur ont bien tenté, dans un premier temps, d'augmenter leurs prix de vente. Mais elles ont rapidement fait machine arrière. Dans le contexte actuel de crise économique, « le relèvement de nos prix a provoqué une baisse de nos ventes. Aussi avons-nous décidé de diminuer à nouveau nos tarifs », expliquait récemment Gerald Ratner, ancien président du distributeur Signet Jewelers, et aujourd'hui propriétaire de Gerald Online, un site Internet de vente de bijoux.Le renchérissement de l'or ne pénalise pas seulement les ventes de bijoux, mais également leur réparation, qui constitue une source de revenus non négligeable pour les joailliers. Reste qu'il est possible, dans ce domaine, d'atténuer le choc de la flambée du prix du métal jaune, en utilisant des pièces de 10 carats seulement, et non de 14 carats.L'industrie de la bijouterie n'en demeure pas moins prise dans un véritable effet de ciseaux, avec, d'un côté, la hausse de ses coûts d'approvisionnement, et, de l'autre, des ventes en chute de 22 % au deuxième trimestre, à l'échelle mondiale, selon le Conseil mondial de l'or. « Nos marges ont été divisées quasiment par deux », déplore Gerald Ratner.Dans ce contexte, les joailliers cotés en Bourse semblent plus que correctement valorisés. L'américain Tiffany se paie 23 fois le bénéfice net par action estimé pour 2009, et les suisses Richemont et Swatch se traitent chacun sur la base d'un multiple de 20. Des valorisations qui correspondent à un cycle économique « normal », et non à une période de crise. Il faut dire que ce secteur figure en bonne place parmi ceux prisés par les investisseurs pour jouer la reprise de l'économie mondiale : le cours de l'italien Bulgari grimpe de 37 % depuis janvier, l'action Richemont s'envole de 58,8 %, le titre Swatch bondit de 75 %, et Tiffany s'octroie 74 %. Il est vrai que ce dernier pourrait être le grand gagnant des difficultés du secteur aux États-Unis, d'après la banque Citi, après la faillite, cette année, des américains Finlay Enterprises et Whitehall Jewelers. n
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