949 euros par mois

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En 2007, le nouveau commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch, se voyait confier la mission de passer un coup de « Kärcher » sur la misère française. Avec un objectif chiffré : réduire d'au moins un tiers en cinq ans la pauvreté dans le pays. L'ancien président d'Emmaüs le savait, le combat se jouerait surtout auprès des jeunes générations. « Un pays se juge à l'attention qu'il porte à sa jeunesse. À toute sa jeunesse, y compris et surtout à celle qui est le plus en difficulté », écrivait-il en 2009.Trois mois à peine après le lancement du RSA jeunes, il est trop tôt pour tirer un bilan définitif. Mais à voir les premiers chiffres (11.500 dossiers déposés), on constate que l'offre n'a pas toujours pas rencontré la demande. Non que celle-ci se soit volatilisée. L'Insee recense 970.000 personnes de 18 à 24 ans vivant sous le seuil de la pauvreté. Traduction dans le porte-monnaie : c'est presque un million de jeunes gens qui se débrouillent avec moins de 949 euros par mois. Un forfait de téléphone mobile, un (tout petit) loyer, une poignée de vêtements et quelques pizzas plus tard, les fins de mois sont difficiles voire impossibles.Il en va du RSA jeunes comme de son aîné, le RSA, lui aussi, très éloigné de ses objectifs en nombre de bénéficiaires. Les partisans de la vertu budgétaire se féliciteront de la cagnotte ainsi formée. Les combattants de la fracture sociale, eux, se désoleront du faible impact des nouvelles mesures. Faut-il pour autant ouvrir grandes les vannes du RSA jeunes, sous prétexte de faire du chiffre, comme le suggère Martin Hirsch, désireux de rester le père d'un dispositif qui marche ? On prendrait alors le risque de réamorcer la pompe à assistanat. Or la mesure avait précisément été conçue pour compléter les revenus du travail et non s'y substituer. Aussi modestes soient-ils, ses résultats doivent aujourd'hui être scrutés de près. Étendre trop rapidement le dispositif, c'est le dénaturer. Ne pas y toucher est une garantie d'inefficacité. Deux écueils que la ministre Roselyne Bachelot va devoir éviter. echol@latribune.frPar Éric Chol, rédacteur en chef

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