Le rebond du dollar redistribue les cartes monétaires

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changesL'étroitesse des marchés de fin d'année et l'habillage des bilans ont peut-être accentué l'envolée du dollar. Mais les tares qui l'avaient laminé de mars au début décembre, faisant perdre 17 % de sa valeur à son indice pondéré face aux monnaies des principaux partenaires commerciaux des États-Unis, sont en train de s'alléger. Ce même indice se retrouve à son plus haut niveau depuis septembre, tandis que le dollar est remonté de 1,5140 pour 1 euro début décembre à 1,4260 vendredi. Les stratèges de Natixis ciblent maintenant 1,41 à court terme.Pendant une bonne partie de 2009, le billet vert a pâti des anticipations de maintien durable des taux d'intérêt à bas niveau dans les grands pays, ce qui a conduit les investisseurs à retrouver le goût du risque et à rechercher les placements les plus rentables possibles, après les pertes essuyées au plus fort de la crise. Le dollar étant l'une des monnaies les moins rémunérées du monde, ils l'ont utilisé comme vecteur des stratégies de « carry trade », qui consistent à emprunter une monnaie assortie de faibles taux pour en investir le produit sur des actifs plus lucratifs. Deux autres ombres n'ont cessé de peser sur sa tenue. Dès la fin mars, la Chine a lancé une croisade pour destituer le dollar de son rôle de monnaie de référence mondiale, faisant mois après mois de nouveaux adeptes. Au fil des mois néanmoins, le marché a dû admettre qu'on ne rayait pas du jour au lendemain de la carte une monnaie de réserve, de règlement et de transactions universellement acceptée.remède de chevalEnfin sur le plan conjoncturel, le dollar a souffert d'être la monnaie d'un pays qui monétisait sa dette. On n'en est plus là : la Réserve fédérale a amorcé sa stratégie de sortie de crise et le remède de cheval qu'elle et le Trésor ont administré à l'économie américaine commence à faire sentir ses effets au moment où les principaux partenaires des États-Unis rencontrent de nouvelles difficultés. C'est le cas du Japon à nouveau entré dans une spirale déflationniste, que la Banque du Japon vient d'indiquer qu'elle ne tolérerait pas. Spirale aggravée par la revalorisation du yen face au dollar, monté jusqu'à un point haut de quatorze ans en novembre, à 84,85, mais qui ne valait plus vendredi que 90,50. C'est aussi celui de la zone euro, et de l'Union européenne dans son ensemble, qui croule sous des déficits publics exponentiels que la dégradation de la note souveraine de la Grèce par deux agences d'évaluation financière a cruellement remis en lumière. Du Portugal à l'Espagne, en passant par les pays Baltes, l'Europe boit la tasse, l'euro trinque et la suspicion s'installe. nDu Portugal à l'Espagne, en passant par les pays Baltes, l'Europe boit la tasse et l'euro trinque.

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