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La place de Paris est morte ? Vive la place de Paris !

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Publié le 21 février 2011 à 20:31 - Mis à jour le 21 février 2011 à 20:31

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Point de vueIl est désormais acquis que le grand marché boursier tant attendu de l'Eurozone aura son siège à Francfort... plutôt qu'à Paris. Plutôt que de se livrer un peu tardivement au jeu stérile de désignation des responsables-coupables (qui a vendu ses titres d'Euronext à Nyse ? Qui a déplacé ses salles de marché vers Londres ? Qui a soutenu des plates-formes alternatives ?...), posons-nous simplement deux questions : est-ce grave ? Que faire ?Est-ce grave ? Si l'on essaye de dépasser le premier niveau de réaction épidermique, l'analyse des conséquences d'une telle évolution n'a somme toute rien de catastrophique. Nous partageons avec les Allemands la même philosophie de marché (centralisé et dirigé par les ordres), et cette approche continentale (par opposition à Londres dirigé par les prix avec des « market makers ») s'est finalement imposée sur presque tout le continent, y compris dans les pays d'Europe de l'Est. De même s'est imposé dans la fusion le modèle d'organisation de marché fédéral d'Euronext, où chaque Bourse demeure indépendante dans la gestion de sa cote et sa réglementation, mais partage avec les autres des outils communs : système de cotation, règlement-livraison... Chaque utilisateur bénéficie ainsi d'importantes économies d'échelle aboutissant à des prix de transaction attractifs. Pour des raisons de langue, mais surtout de proximité des intermédiaires financiers, chaque Bourse a ainsi vocation à conserver (et à développer) en toute indépendance sa base de valeurs cotées.Bien sûr, s'agissant des valeurs étrangères, et des dérivés, les choses vont être un peu différentes dans la mesure où les grandes cotations étrangères seront plus vraisemblablement orientées vers Francfort que Paris. Mais quel impact réel pour l'économie française ? Marginal en réalité.Que faire alors ? Dans toute cette histoire, à force de ne regarder que la couleur du maillot du capitaine-actionnaire, on a un peu oublié un détail : notre Bourse est-elle (vraiment) utile au développement de notre économie (réelle) ? De ce point de vue, le communiqué de Paris Europlace « prenant acte de la fusion est assez symptomatique : on y parlait beaucoup technique et gouvernance et peu des émetteurs et de l'innovation financière...La place de Paris dispose d'un atout important ; sa puissante industrie de gestion collective (OPCVM et assurance-vie), assise sur un cadre juridique efficient et sûr. Mais est-elle assez incitée à défendre sa spécificité en étant sans cesse plus innovante en termes de nouveaux produits ? Mobilise-t-on suffisamment l'épargne longue au service de notre développement économique qui ne passe pas uniquement par les grandes entreprises, mais également par nos PME, voire l'économie sociale ? À l'évidence, non.Si l'on veut que la place ne soit pas « juniorisée » comme s'en lamentent les cassandres, il n'est pas nécessaire de développer de nouveaux outils (indépendants) mais plutôt d'utiliser les outils très performants mis à notre disposition par cette nouvelle plate-forme pour faire (re)vivre une cote qui s'étiolait au fil du temps. Nouvelles valeurs, nouveaux segments de marchés innovants et nouveaux OPCVM doivent être le fer de lance du renouveau de la place de Paris et de notre poids dans le nouvel ensemble européen.Par un « heureux hasard », la renégociation en cours de la directive MIF ouvre une fenêtre d'opportunité si l'on considère que l'innovation financière n'est pas uniquement centrée sur le développement d'algorithme de trading à la nanoseconde près, mais aussi sur la capacité des intermédiaires financiers à s'intéresser aux « nouvelles frontières de la finance », celles des besoins de financement non satisfaits. Tout cela reste à notre portée. Ce n'est pas la fin de la place qu'il nous faut regretter mais son renouveau qu'il faut organiser !

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