Fiat prend sa revanche sur l'Amérique

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Belle revanche sur l'Amérique pour Fiat ! Il y a plus d'une décennie, Giovanni Agnelli, patron emblématique de l'italien, était obligé, la mort dans l'âme, de passer sous les fourches caudines de... GM. Aujourd'hui, changement de décor. Son successeur opérationnel, Sergio Marchionne, s'apprête à prendre le contrôle de Chrysler, après avoir dénoué, au milieu de la décennie précédente, les liens de vassalité avec le numéro un américain. Bousculant le calendrier communiqué à la mi-avril 2011, le turinois a annoncé jeudi qu'il acquerrait 16 % supplémentaires de Chrysler au cours du trimestre. Soit 46 % du capital de l'américain. L'italien en détient à ce jour 30 %, contre 20 % fin 2010. Et ce n'est pas fini. Il prévoit d'en prendre encore 5 % avant la fin 2011, ce qui portera sa part à 51 %. Prélude à une réintroduction à Wall Street.Payer en cashLe hic, c'est que si Fiat s'est offert Chrysler sans bourse délier jusqu'ici, il doit maintenant mettre la main au portefeuille. Et ce, conformément aux accords avec l'État fédéral lorsqu'il a pris pied en juin 2009 dans la firme d'Auburn Hills, sauvée par Washington de la banqueroute. Montant de la facture pour parvenir aux 46 % : 1,27 milliard de dollars (moins d'un milliard d'euros). Cette option ne pourra toutefois être exercée que lorsque Chrysler aura remboursé sa dette de sept milliards de dollars auprès de l'État fédéral et... de l'État canadien.Sergio Marchionne est persuadé que la planche de salut pour Fiat passe par Chrysler, qui lui permet d'accéder à la taille critique. L'américain s'est certes rétabli. Il vise même un retour aux profits en 2011, après 625 millions de dollars (500 millions d'euros) de perte nette l'an dernier. Mais l'américain reste convalescent. Il demeure quasiment inconnu hors d'Amérique du nord et la réputation de ses produits est médiocre.Quant à Fiat lui-même, il a certes triplé son bénéfice net trimestriel grâce au Brésil et aux marques Ferrari et Maserati, mais le profit reste très faible (37 millions d'euros). Quant à Fiat Industrial (poids lourds, matériel agricole et de construction...), issu de la récente scission en deux du consortium transalpin, il a certes dégagé un profit net de 114 millions d'euros sur trois mois mais les résultats ont déçu les analystes... Alain-Gabriel Verdevoye

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