Le grand emprunt, outil anticrise

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Un peu plus d'un an après que Nicolas Sarkozy a lancé la réflexion sur les dépenses d'avenir devant le Congrès de Versailles, les choses sérieuses commencent enfin. Dix conventions ont été signées mercredi, lors d'un comité interministériel à Matignon, par les opérateurs publics (Agence nationale de la recherche [ANR], Oséo, Ademe, Cnes...) chargés de distribuer les 35 milliards d'euros que la France lèvera dans le cadre de son grand emprunt. Ces conventions fixent les cahiers des charges pour la sélection des projets et pour les modalités de suivi des investissements. Une dernière convention sera signée en septembre, vraisemblablement avec l'ANR, pour la création du plus important campus scientifique et technologique européen sur le plateau de Saclay (« La Tribune » du 4 mai). Leur nombre sera donc porté à 35. Après le temps de la réflexion, place donc à l'action ! « Tous les appels à projets seront lancés d'ici à la fin de l'année », a insisté François Fillon.Les objectifs du grand emprunt sont multiples. Et très ambitieux. Il doit permettre à la France de restaurer sa compétitivité industrielle, de rattraper son retard en matière d'investissements lourds que le secteur privé ne peut financer et de prendre de l'avance dans des secteurs porteurs d'avenir en termes de création de richesses et d'emplois comme la voiture du futur, le nucléaire de quatrième génération. Comment ? En augmentant notamment les efforts financiers en direction de l'enseignement supérieur et en valorisant la recherche.Selon Bercy, les dépenses financées par l'emprunt national devraient apporter près de 0,3 % de PIB par an en moyenne sur la décennie. En clair, la France espère avec cet emprunt tenir son engagement pris en 2000 lors du Conseil européen de Lisbonne de relever ses dépenses de R&D à hauteur de 3 % du PIB pour contribuer à faire de l'Union européenne « l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde [...], capable d'une croissance économique durable accompagnée d'une amélioration quantitative et qualitative de l'emploi et d'une plus grande cohésion sociale ». Or, la France n'a pas tenu son engagement. Selon le ministère de la Recherche, la dépense nationale de R&D représentait 2,11 % du PIB en 2008 en raison notamment de la faiblesse des efforts de R&D privée. Ce sera l'autre enjeu de cet emprunt d'État : sélectionner les projets qui possèdent un effet de levier maximal pour mobiliser les autres acteurs de la sphère économique comme les régions, Bruxelles et surtout les entreprises privées afin que les 35 milliards fassent rapidement des petits. « Ce cofinancement doit permettre de lever 60, voire 65 ou 70 milliards d'euros », espère René Ricol, le commissaire général à l'Investissement.

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