Emporiki, un puits sans fond pour Crédit Agricole

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La « confirmation du retour aux bénéfices en 2012 » convaincra-t-elle les investisseurs de Crédit Agricolegricole du potentiel de sa filiale bancaire grecque Emporiki ? Rien n'est moins sûr. Car si mardi le directeur général de la banque, Alain Strub, s'est voulu rassurant sur l'avenir de son établissement à l'occasion de la présentation de son plan stratégique à 2013 corrigé, les chiffres ne plaident pas en sa faveur. En appliquant un nouveau scénario, qui durcit les conditions économiques actuelles, les résultats n'incitent pas à l'euphorie.En regardant le verre à moitié plein, Alain Strub remarque que la croissance du résultat opérationnel est meilleure que prévue, que la sélectivité dans la distribution de crédit a permis de n'accepter que ceux de meilleure qualité réduisant ainsi le coût du risque potentiel, que le volume des effectifs a diminué dans des proportions supérieures aux prévisions et que malgré l'environnement, les revenus (PNB) de la banque ne devraient pas être affectés. En revanche, si l'évolution du portefeuille doit se traduire à partir de 2014 par une nette réduction du coût du risque, les années 2010-2011 vont être marquées par un alourdissement de 450 millions d'euros par rapport aux prévisions initiales. Ce qui provoque un alourdissement des pertes anticipées. dépréciationLe résultat du groupe Emporiki devrait ainsi être négatif de 750 millions d'euros cette année quand Crédit Agricolegricole avait, à l'automne dernier, misé sur un déficit de 300 à 350 millions d'euros. Cela va générer notamment une dépréciation de 400 millions dans les comptes de Crédit Agricolegricole, qui sera passée aux 30 juin 2010. Le retour à l'équilibre ne se fera pas en 2011 puisque cette année devrait enregistrer une perte de 130 millions. La différence de prévisions sera épongée par un nouvel apport de fonds propres de 550 millions d'euros avant la fin 2011.Au final - on l'espère - la facture grecque est donc considérable. Pour absorber les pertes de ces trois dernières années (2008-2010), qui devraient finalement avoisiner 2,25 milliards d'euros, la Banque verte aura par trois fois remis du capital pour un montant équivalent. Un montant à ajouter à l'acquisition, pour 2,3 milliards d'euros en 2006. Lors de la présentation du plan stratégique quelques mois après l'opération, Casa indiquait que les apports en fonds propres s'établiraient entre 250 et 300 millions d'euros. Mais, le nouveau directeur général délégué en charge de la banque de détail, Bruno de Laage, a tenu à se dédouanner en précisant : « Nous avons hérité », d'Emporiki. Guénaëlle Le Solleu

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