La dette émergente conserve son pouvoir de séduction

Les mesures d'austérité budgétaire prises par les pays européens, à l'image de la Grande-Bretagne, se multiplient pour tenter de résorber les déficits. Sans pour autant rassurer pleinement les investisseurs quant à la qualité de signature États membres. Côté émergents, les pays continuent de profiter de conditions de crédit avantageuses pour émettre de la dette. D'autant que la demande est là. Ainsi, la Turquie, notée BB par Standard&Poor's, a placé, ce mardi, avec succès pour 2,8 milliards de livres (1,4 milliards de dollars) d'obligations à cinq ans, rémunérées à 9,7%. Parralèlement, d'autres pays comme le Pérou, les Philippines, et le Mexique sont parvenus à se financer sans trop de difficultés même si les montants d'émissions sont plus marginaux. Déjà le 17 juin, les 6 milliards de réals (soit près de 3,5 milliards de dollars) de dettes de maturité de 1 à 11 ans, cédées par le Brésil, avaient été rapidement absorbées par le marché. Les emprunts des pays en voie de développement bénéficient d'une cote de confiance croissante. Et pour cause. Selon le FMI, le poids de l'endettement public atteindra 35 % du PIB dans les pays émergents en 2014 contre 114 % pour les membres du G20. Selon les indices établis par Merril Lynch, le rendement des obligations des pays émergents, toutes échéances confondues, notés BBB ou moins, s'est détendu de 35 points de base depuis ses plus hauts 5 février. Et cela après avoir traversé un second pic à 6,177 % le 8 juin dernier. Selon Stéphane Monier, reponsable du pôle Fixed Income&Currencies chez Lombard Odier, les obligations souveraines des zones émergentes affichent une performance annualisée de 12,5 % depuis début 2000. Signal positifC'est 3,2 points de plus que le compartiment des actions des pays en voie développement, et 4 points de mieux que la rémunération de la dette des pays développés. L'effet devise y est pour beaucoup. « Depuis janvier 2003, l'appréciation des monnaies locales face au dollar, a contribué à 37 % de la performance totale de la dette des pays émergents » note les équipes de Lombard Odier. D'ailleurs, Stéphane Monier, estime que la décision de la Chine d'arrêter de retenir le dollar comme unique jalon du yuan constitue un signal positif pour cette classe d'actifs. Il prévoit que l'appréciation de la devise locale contribue à hauteur de 50 % de valorisation totale des obligations émergents au cours des trois prochaines années.

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