Harcelées par la justice, les banques flambent en Bourse

L\'été 2012 touche à sa fin et les banques semblent, pour une fois, sortir de cette période indemnes. Point de chutes vertigineuses de cours, ni de courants vendeurs pour l\'ensemble du secteur. Mieux, la plupart des établissements bancaires ont profité du regain d\'intérêt des investisseurs pour les actifs risqués et présentent des bilans à court terme (un mois), assez flatteurs. BNP Paribas s\'adjuge ainsi 30% en Bourse sur la période, Barclays gagne la même chose, HSBC près de 10%, Royal Bank of Scotland (RBS), 21% quand l\'espagnole Santander s\'adjuge près de 37%. Ces performances feraient presque oublier que la zone euro n\'est absolument pas sortie de l\'ornière et que la dette des pays périphériques est toujours susceptible de mettre à genoux plusieurs membres et non des moindres. Surtout, ces nettes reprises sont en total contradiction avec ce que vivent ces banques depuis plusieurs mois. Après le scandale des bonus exorbitants et des rémunérations de certains banquiers, largement disproportionnées avec les résultats de leur établissement, les mastodontes mondiaux sont impliqués dans une série de litiges pour le moins désastreux pour leur image.De nombreuses banques dans le collimateur de la justice en raison de relations commerciales avec l\'IranDans le cadre d\'une véritable « chasse aux sorcières » aux Etats-Unis vis-à-vis de tous ceux ayant noué des relations commerciales avec l\'Iran en dépit des interdictions en vigueur, plusieurs banques sont aujourd\'hui dans le collimateur de la justice et soupçonnées d\'avoir enfreint ces vetos. A commencer par Royal Bank of Scotland qui, depuis dix-huit mois fait l\'objet d\'une enquête de la part de la Fed et du département de la justice américaine. Rejoignant en cela Standard Chartered et Deutsche Bank, elles aussi accusées des mêmes griefs. Quant à HSBC, un rapport du Sénat américain récemment rendu public indique que la banque aurait réalisé 16 milliards de dollars de transactions secrètes avec l\'Iran sur une période de six ans.Opérations de blanchiment d\'argent avéréesPar ailleurs, plusieurs établissements bancaires sont soupçonnés de favoriser des opérations de blanchiment d\'argent sale. Les autorités américaines viennent, par exemple, de saisir 150 millions de dollars à la banque Libano-Canadienne qu\'elles soupçonnent de blanchiment d\'argent. Mais BLC n\'est pas la seule banque accusée de ces dérives. Les autorités judiciaires américaines mènent également une enquête contre la Deutsche Bank mais aussi d\'autres établissements bancaires de grande envergure qui auraient transféré plusieurs milliards de dollars pour le compte notamment de l\'Iran et du Soudan. Il y a environ un mois, la banque britannique HSBC a, ainsi, été la cible d\'un rapport d\'une commission d\'enquête du Sénat américain liée à la Sécurité intérieure. Et selon les parlementaires, la banque aurait exposé le système financier américain à de possibles opérations de blanchiment de l\'argent de la drogue des cartels mexicains. La filiale mexicaine aurait ainsi transféré un montant de 7 milliards de dollars vers la filiale américaine de HSBC, HBUS, entre 2007 et 2008. Plus près de nous, un cadre de la filiale française de la banque suisse UBS a été récemment mis en examen pour \"complicité de démarchage illicite\" et \"blanchiment\" dans le cadre d\'une enquête sur des soupçons de blanchiment et de fraude fiscale. Il s\'agit là de la première mise en examen dans cette enquête menée par un magistrat du pôle financier du tribunal de grande instance (TGI) de Paris sur la banque suisse.Le scandale du Libor n\'a pas fini de faire couler de l\'encreEnfin, et le sujet n\'a pas fini de faire couler de l\'encre : de nombreux établissements bancaires se seraient entendus pour manipuler les taux du Libor et de l\'Euribor, ces taux interbancaires qui servent de référence pour les transactions entre banques, le Libor concernant les banques britanniques et l\'Euribor, les banques de la zone euro. Scandale qui a déjà fait une victime : le très sulfureux patron de la Barclays Bank, Bob Diamond contraint à la démission après qu\'il eut été avéré que des responsables de sa banque avaient effectivement participé à des manipulations. Deutsche Bank, Citigroup, Royal Bank of Scotland, UBS, Lloyds Banking Group, Citigroup et JPMorgan Chase seraient également concernés par ces malversations ainsi que plusieurs hedge funds et des courtiers. Une vaste enquête est en cours et d\'autres têtes devraient encore tomber au fil des révélations à venir. Citibank et JPMorgan Chase ont déjà indiqué dans des rapports trimestriels remis à l\'autorité boursière américaine (SEC) qu\'elles avaient fait l\'objet de demandes de documents aux Etats-Unis dans le cadre d\'enquêtes sur le Libor et qu\'elles coopéraient avec les autorités. UBS, pour sa part, a déjà reconnu fin juillet avoir trouvé des éléments prouvant son implication dans le scandale de manipulation de taux interbancaires, sans pour autant avoir joué un rôle central. Deutsche Bank a quant à elle reconnu fin juillet que quelques-uns de ses employés « n\'avaient pas respecté les règles ».Royal Bank of Scotland (RBS), a, de son côté, reconnu le mois dernier qu\'elle faisait partie des établissements impliqués dans les manipulations de taux interbancaires, et s\'attendait à devoir payer des amendes.Les amendes vont se multiplierEt cette affirmation est pour le moins symptomatique. Car si la plupart des grandes banques mondiales semblent avoir bel et bien les doigts englués dans la confiture, elles se démènent toutes pour pouvoir s\'affranchir de ces problèmes en payant de fortes amendes aux régulateurs ou à la justice, comme cela se fait couramment aux Etats-Unis. Barclays est déjà passé à la caisse en payant une amende de 360 millions d\'euros. Standard Chartered a également réussi à conserver sa licence d\'exploitation en versant 340 millions de dollars à l\'Etat de New York avant de payer sans doute beaucoup plus aux régulateurs américains. Et d\'autres chèques devraient suivre. L\'image de tous ces établissements n\'en ressort bien évidemment pas grandie. Donnant encore un peu plus de grain à moudre à tous ceux qui n\'hésitaient pas à diaboliser tous les banquiers. De nouvelles péripéties qui ne semblent pourtant pas émouvoir outre mesure les investisseurs, plus préoccupés par le compte de bilan que par les « maladresses » de ces protagonistes.  

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