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La Société Générale dépeint Kerviel en joueur compulsif

La Tribune

Publié le 23 juin 2010 à 21:25 - Mis à jour le 23 juin 2010 à 21:25

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Dans le procès de Jérôme Kerviel, la onzième journée était consacrée ce mercredi aux plaidoiries des parties civiles. Le prévenu s'est vu réclamer par la Société Généralecute; Générale la somme irréelle de 4,9 milliards d'euros de dommages, soit le montant de la perte qu'il est accusé d'avoir générée ou, selon une échelle plus humaine, 177.000 années de son salaire actuel. Mais pas les intérêts ni le préjudice moral « irréparable ». Me Jean Reinhart commence par disséquer le « système Kerviel », fait de positions spéculatives masquées, de mensonges et de faux. Me François Martineau s'emploie ensuite à démonter la « thèse invraisemblable » de Kerviel, selon qui « la banque savait ». Il souligne qu'avant de gagner 1,4 milliard, fin 2007, Kerviel a d'abord perdu plus de 2 milliards, mi 2007, et que personne, « pas même le conseil d'administration », n'avait le pouvoir de l'autoriser à miser 50 milliards d'euros, soit plus que les fonds propres de la banque. Estimant que les trois délits reprochés à Kerviel sont constitués, il explique que l'abus de confiance s'est appuyé sur l'introduction frauduleuse de données dans le système informatique, qui s'est appuyé sur le faux et usage de faux. « Comme d'un casino ! »Puis Me Jean Veil, autre avocat de la banque, déclare que les « négligences » de la banque ne sont juridiquement pas de nature à réduire le montant des dommages. Il dépeint le prévenu comme un joueur compulsif : « D'abord, il perd, alors il remet au pot pour se refaire. Puis il a de la chance, il gagne. Mais là, il perd la boule, il rejoue, puisqu'il a gagné ». En somme, « il s'est servi de la banque comme d'un casino ! ». Me Veil oppose enfin l'émotion des ex-collègues de Kerviel qui ont témoigné et l'attitude du l'ex-trader, « le seul qui n'exprimait aucune émotion, qui ricanait et passait des petits bouts de papier à son avocat », avant de conclure de son ton le plus solennel : « je veux bien croire qu'il n'est pas fou, l'expert l'a dit, j'en conviens, mais enfin...  »La parole est maintenant aux autres parties civiles, quelques petits actionnaires et employés de la banque. Me Valeanu souligne qu'on n'a « pas beaucoup parlé » des salariés jusqu'ici, alors qu'ils ont perdu les deux tiers de leur épargne salariale  : « je n'ai pas entendu d'excuses de Kerviel, mais de la Société Généralecute; Générale non plus ». Puis Me Richard souligne que Kerviel aurait pu engager la banque non pas pour 50, mais pour 500 milliards d'euros, et dénonce une « Société...sans général ». Brocardant la « race des seigneurs » qui domine les activités de marché de la banque, il souligne que les ex-collègues de Kerviel sont « tous partis avec un gros chèque », alors que les employés des agences n'ont reçu qu'un « guide anti-stress » pour faire face à la colère des clients. Avant de conclure, assassin : « sans les années Bouton [l'ancien PDG, Ndlr], les années fric, il n'y aurait sans doute pas eu d'affaire Kerviel ». AFPMe Jean Veil au Palais de justice de Paris, mercredi.D'abord, il perd, alors il remet au pot pour se refaire. Mais là, il perd la boule, il rejoue. » Me Veil, avocat de la Société Généralecute; Générale

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