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Heuliez: "Nous ne sommes pas là pour mettre des ressources dans des entreprises qui n'ont pas d'avenir" (Montebourg)

La Tribune

Publié le 23 septembre 2013 à 21:05 - Mis à jour le 23 septembre 2013 à 21:05

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Arnaud Montebourg n\'est pas sur la même longueur d\'onde que Ségolène Royal... Evoquant le sort du carrossier Heuliez, société fétiche de l\'ex-compagne de François Hollande, le ministre du Redressement productif a déclaré ce lundi que l\'Etat n\'avait pas vocation à financer des entreprises \"qui n\'ont pas d\'avenir\". A l\'agonie depuis six ans avec trois dépôts de bilan, Heuliez risque une liquidation. Le tribunal de commerce de Niort (Deux-Sèvres) a constaté ce lundi qu\'aucune offre formelle de reprise n\'avait été déposée pour sauver la société. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 30 septembre, date à laquelle cette liquidation devrait être prononcée. Sauf coup de théâtre politico-financier de dernière minute. Entretenu à coup de fonds issus du contribuable, Heuliez est choyé par Ségolène Royal,  la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes.Trois ans d\'aide\"Ca fait trois fois qu\'on a aidé\", a répondu Arnaud Montebourg, interrogé sur iTélé sur une éventuelle intervention de l\'Etat, \"Nous ne sommes pas là pour mettre des ressources rares dans des entreprises qui n\'ont pas d\'avenir\", a ajouté le ministre, soulignant que de l\'argent public avait \"déjà\" été injecté dans l\'entreprise. \"Il y en a encore eu dernièrement\", a ajouté le ministre.Pas de commandes\"Si, chez Heuliez, nous arrivons à trouver des solutions avec des donneurs d\'ordres, des commandes, cela sera très facile. Or, le problème aujourd\'hui, c\'est que nous n\'arrivons pas avec cette entreprise à trouver et garantir un avenir avec des commandes\", a-t-il relevé, écartant l\'option d\'une nationalisation, qui avait été évoquée pour les hauts-fourneaux d\'ArcelorMittal de Florange (Moselle), mis à l\'arrêt en avril.Société d\'économie mixteLe Conseil régional de Poitou-Charente a pourtant voté, le 13 septembre, en faveur de la création d\'une société d\'économie mixte (SEM) dont le but sera de soutenir l\'entreprise, déjà sauvée par la région en 2009 avec l\'argent public, à l\'époque une entrée dans le capital à hauteur de cinq millions d\'euros et plus tard une avance remboursable de 2,8 millions.Ségolène Royal  en fait une affaire personnelle\"On n\'a pas le droit de laisser tomber Heuliez\", a en effet déclaré pour sa part la présidente du Conseil régional, Ségolène Royal, aux élus. \"Seule la région peut maintenir Heuliez à flot en attendant une éventuelle commande. Il y a un contexte transitoire à aménager. Il faut tenir en attendant\", a-t-elle dit, en faisant un cheval de bataille politique personnel.Pas d\'offre valable à ce stadeHeuliez - qui comptait encore 3.000 employés au milieu des années 2000 - pourrait être liquidé dès la fin septembre. C\'est ce qui a été annoncé aux salariés jeudi dernier, au lendemain d\'une réunion ayant rassemblé au ministère du Redressement productif des représentants du personnel et de la région Poitou-Charentes. Trois repreneurs sérieux se sont montrés intéressés : l\'équipementier espagnol Cosmos XXI, un investisseur allemand, Matthias Bittner, et un Français, l\'ingénieur automobile Christian de Léotard, pour fabriquer des \"voitures à six roues\"; mais, à ce stade, ils n\'ont pas présenté \"d\'offres valablement exprimées\". L\'entreprise est en attente d\'un contrat éventuel de sous-traitance avec le groupe Volkswagen, lequel devrait prendre sa décision au plus tard en novembre. Ce qui risque d\'être trop tard.Rien à voir avec Mia ElectricCette société Heuliez SAS est  aujourd\'hui distincte du fabricant de voitures électriques Mia Electric, né également des décombres du carrossier Heuliez, et également en situation hyper-précaire. Une femme d\'affaires franco-coréenne, Michelle Boos, a fait son entrée au début de l\'été chez Mia Electric avec un consortium d\'investisseurs, Focus Asia. Le fabricant de voiturettes électriques  a été également maintenu à flot par la région et l\'argent public. Cette société compte 220 salariés aujourd\'hui, mais les ventes n\'ont jamais décollé, malgré les proclamations enthousiastes de Ségolène Royal qui soutient aussi la société.337 véhicules à peineEn 2012, Mia Electric a vendu 337 véhicules seulement dans l\'Hexagone.  Très, très loin des 12.000 unités totales chaque année naguère escomptées officiellement, non sans un manque total de réalisme! Pour 2013, le fabricant espère compter sur les commandes de la centrale d\'achat public UGAP, qui a annoncé l\'achat sur trois ans de 500 Mia quatre places. Mia Electric espère atteindre l\'équilibre financier l\'an prochain. La production avait été arrêtée par le précédent propriétaire, l\'allemand Edwin Kohl, qui a cédé ses 88% du capital, le reste étant détenu par la région Poitou-Charentes. Bref, le triste feuilleton de l\'ex-groupe Heuliez n\'est pas terminé.

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