Développement durable : avec qui en parler ?
La Tribune
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Bonne nouvelle pour les entreprises. Le développement durable (DD) suscite un réel intérêt chez les salariés. Déjà fortement mobilisés, ils se disent même prêts à s'impliquer davantage. Mais encore faut-il que les entreprises les incitent à le faire. Or, ils ne sont plus que 16 % à estimer que leur employeur ?uvre dans ce sens.« Ce décalage entre les attentes des salariés et les engagements de l'entreprise traduit une insuffisance de communication sur le sujet. Il devrait conduire les entreprises à passer d'une pédagogie des bons gestes à une mobilisation des salariés en tant que professionnels, via un recadrage du rôle de chacun dans le système d'information. D'autant que le développement durable a cessé d'être du scoutisme environnemental », insiste Alain Renaudin, président de DDB Corporate, qui avec Com'In, autre agence du groupe de communication, est à l'origine d'une des rares études sur les attentes des salariés en la matière. Une enquête (*) réalisée par OpinionWay et dont « La Tribune » publie les résultats en exclusivité.À la direction générale et aux équipes dédiées, la définition des grands projets. Au middle management, leur traduction au quotidien. « C'est à leur manager direct que les salariés souhaitent s'adresser en priorité pour en savoir plus sur la politique de développement durable de l'entreprise », poursuit Alain Renaudin.Encore faut-il que ce supérieur hiérarchique direct soit suffisamment armé pour répondre, ce qui, trop souvent, n'est pas le cas. D'abord, parce qu'il n'a été que rarement associé à la définition de la stratégie et des projets, ensuite parce qu'il est peu ou pas formé pour endosser les habits d'un monsieur Développement durable. C'est pourtant sur ce manager et son expertise que l'entreprise devra s'appuyer pour mettre en ?uvre les aspects opérationnels de sa démarche. D'où la nécessité de le faire monter en compétence et de l'impliquer dans les circuits de la communication interne.« Plus on s'approchera d'aspects techniques, plus les entreprises devront revenir à un système d'information en cascades qui devra intégrer le middle management. Il s'agit de récréer des ponts entre des projets qui sont souvent des archipels », avance le président de DDB Corporate. Une nécessité vitale à l'heure où près d'un salarié sur deux estime que son entreprise n'a pris aucune initiative majeure sur le développement durable. Les salariés des services ou du commerce étant les plus critiques, et ceux de l'industrie se montrant plus optimistes. « L'industrie lourde est plus touchée par les dispositions législatives en matière d'environnement, alors que dans les services, le développement durable est plus conceptuel, estime Alain Renaudin.déséquilibrePour lui donner du corps, les entreprises du tertiaire pourraient s'appuyer sur d'autres piliers que l'environnement, notamment la responsabilité sociale. Mais, crise oblige, le domaine est miné. Les salariés ne s'y trompent d'ailleurs pas et pointent désormais du doigt le déséquilibre grandissant entre l'évolution de l'entreprise sur les questions environnementales et son immobilisme, voire son recul, sur les questions sociales. n (*) Étude réalisée du 7 au 17 juillet 2009 auprès d'un échantillon représentatif de 895 salariés des entreprises privées et publiques de 100 salariés et plus et de 117 agents de la fonction publique.
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