Nicolas Sarkozy, ambitieux pour le G20, réservé pour le reste

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Notre ordre du jour est de nature à reconnecter les opinions publiques et le G20. » Devant le logo ? une tour Eiffel stylisée et tricolore ? et le slogan ? « Nouveau monde, nouvelles idées » ? de la présidence française du G8-G20, Nicolas Sarkozy a affiché lundi son ambition pour les dix mois qui restent avant le sommet de Cannes. Lors d'une conférence de presse solennelle, en présence des ambassadeurs étrangers en poste à Paris, le chef de l'État a longuement exposé ses priorités : mise en chantier d'un nouvel ordre monétaire, lutte contre la volatilité des prix des matières premières, amélioration de la gouvernance mondiale et financement du développement.« L'agenda fait consensus, mais pas les solutions », a toutefois souligné un Nicolas Sarkozy inhabituellement prudent, reconnaissant qu'il était « impossible aujourd'hui de dire » ce que seront « les résultats concrets » des travaux du G8-G20 en novembre. Il a notamment insisté sur le fait qu'il serait difficile d'aboutir sur la mise en place d'une taxe sur les transactions financières pour trouver « de nouvelles ressources » pour le développement. « Tout ne sera pas réglé en une présidence », a-t-il glissé.Mais, à quinze mois de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy s'est aussi efforcé de renouer un lien quelque peu distendu avec les Français. Selon un sondage BVA-France Info-« Les Echos », 70 % des Français doutent que Nicolas Sarkozy, déjà au plus bas dans les enquêtes d'opinion, puisse faire un succès du G20. Ils ne sont que 18 % à penser qu'il parviendra à réformer le système financier et 11 % à juger qu'il arrivera à limiter la hausse du prix des matières premières.Un sommet socialDésireux de se présenter en « président protecteur », Nicolas Sarkozy a souhaité mettre en sourdine le caractère purement financier du G20. Il a annoncé l'organisation d'un sommet social à la veille du sommet du G20, en parallèle à celui organisé pour les chefs d'entreprise. Il a aussi souhaité que soit engagée une réflexion sur « un socle de protection sociale universelle », en estimant que tous les membres du G20 devraient ratifier les huit conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur les droits fondamentaux des employés et salariés. Cette ambition, même raisonnée, sur le G20 contrastait avec la « réserve » revendiquée par Nicolas Sarkozy sur les autres dossiers « chauds » de la diplomatie française. À commencer par la Tunisie. Interrogé sur la tiédeur de la réaction de la France, le chef de l'État a reconnu ne pas avoir pris dans un premier temps « toute la mesure » des événements en Tunisie. Mais il a aussitôt précisé que cette timidité diplomatique était justifiée par le fait que la France, en Tunisie, mais aussi en Algérie et en Afrique, ne devait pas être « assimilée à un pays qui a gardé des réflexes coloniaux ».Rappelant au passage que, critiquée pour ses relations avec le régime de Ben Ali, la France avait aussi accueilli et « protégé » des opposants tunisiens, Nicolas Sarkozy a dit avoir chargé François Fillon de « proposer des mesures pour apporter le soutien de la France » à la Tunisie nouvelle, notamment sur le plan économique.

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