Alstom prêt pour la relance du nucléaire aux États-Unis

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Crise ou pas, Alstom avait invité jeudi à Chattanooga (Tennessee) 120 électriciens américains pour l'inauguration de sa première usine de turbines électriques aux États-Unis. C'est le seul site, en dehors de celui de Belfort, qui peut produire les turbines géantes Arabelle destinées aux centrales nucléaires. Seul hic : le marché américain de l'électricité est en panne. « Il règne une trop grande incertitude réglementaire aussi bien sur le nucléaire que sur les émissions de CO2 », note Richard Pangrazzi, directeur marketing d'Alstom Power aux États-Unis. « Pour cette industrie qui investit sur le long terme, il faut de la visibilit頻, confirme Patrick Kron, PDG d'Alstom. « La baisse générale de la consommation d'électricité en 2009, inédite depuis 1945, incite aussi les électriciens à attendre la confirmation d'une reprise chez leurs clients finaux ». Aux États-Unis, la demande d'électricité a plongé de 4 % l'an dernier. La chute des prix du gaz et la forte volatilité du pétrole ajoutent aux incertitudes. voie fluvialeLa fête d'inauguration ne sera pas gâchée pour autant. « Si les États-Unis décident de n'avoir recours qu'au vent, au solaire et aux bougies, on aura un problème », lance Patrick Kron, adepte de la provocation. Décidé en 2007 en prévision de la relance du nucléaire, cet investissement de 300 millions de dollars visait à doter le groupe « d'une seconde unité de fabrication d'Arabelle, dans une zone dollar », explique Guy Chardon, senior vice president d'Alstom Power. Le site choisi, sur la Tennessee River, permet de relier 80 % des centrales par voie fluviale. Un atout décisif pour les composants de plusieurs centaines de tonnes qui y sont fabriqués. « Et nous optimisons nos coûts grâce à l'usine soeur de Morelia, au Mexique, où nous fabriquons les éléments les plus gourmands en main-d'oeuvre », ajoute-t-il.Quant au marché américain, où Alstom Power a réalisé 14 % de ses 14 milliards d'euros de ventes l'an dernier, le groupe veut y croire. Obama a promis de porter de 18,5 à 54 milliards de dollars les garanties de prêts fédérales aux projets de centrales nucléaires. Un premier projet, de deux réacteurs en Georgie, a été retenu en février. Trois autres, dont les futurs EPR de Constellation (détenu à 50 % par EDF) concourent pour une deuxième attribution. « Avec les délais de certification, rien ne pourra démarrer avant mi-2012 », note George Vanderheyden, président d'Unistar Nuclear Energy. En attendant, Alstom mise sur la modernisation des centrales. Seuls 20 des 104 réacteurs américains ont engagé ces travaux (100 à 200 millions de dollars par unité). Si besoin est, l'usine de Chattanooga peut produire des turbines pour des centrales à gaz et à charbon. Et si la crainte de Patrick Kron se réalise, Alstom a investi 55 millions de dollars dans Bright- source, spécialiste américain du solaire, et construit une usine d'éoliennes au Texas.

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