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Royaume-Uni: pour bien manger, respectez le feu rouge!

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Publié le 24 juillet 2013 à 21:02 - Mis à jour le 24 juillet 2013 à 21:02

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Vert: on peut y aller. Rouge: il vaut mieux éviter. Orange: soyez prudents! Le code couleur qui universellement gouverne les automobilistes orientera bientôt aussi les consommateurs au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique vient en effet de lancer un nouveau système d\'étiquetage standardisé qui s\'inspire de la simplicité du feu rouge, afin d\'aider les gens à faire des choix alimentaires plus sains. Plus efficace que d\'inciter les gens à perdre du poids en allégeant les cotisations maladies?A côté des informations nutritionnelles déjà présentes, jugées trop opaques et pas assez uniformes par les promoteurs de ces nouvelles étiquettes, des couleurs permettront en un coup d\'œil d\'évaluer combien de la quantité quotidienne recommandée de graisses, de graisses saturées, de sucres, de sel et de calories est contenue dans 100 grammes d\'un aliment. L\'objectif est aussi d\'induire l\'industrie alimentaire à améliorer la composition de ses produits.Par cette action, le Royaume-Uni s\'attaque ouvertement à l\'obésité, qui constitue un véritable fléau outre-manche. 61% de la population adulte, un tiers des enfants entre 10 et 11 ans et un quart des petits entre 4 et 5 ans seraient en effet en surpoids ou obèses. Les problèmes de santé associés coûteraient au système sanitaire national plus de 5 milliards de livres par an. >> Lire aussi: Les obèses pèsent 10% de la population mondiale(Source: The Independent.co.uk)Une initiative bien reçue... sauf à l\'étrangerFace à une telle calamité, pas surprenant que l\'idée remporte le consensus. Les associations de santé comme la British Heart Foundation l\'ont accueillie avec enthousiasme. Bien que l\'adhésion au nouveau modèle d\'étiquetage reste volontaire, les supermarchés et producteurs les plus importants, tels Sainsbury\'s, Tesco, Mars UK, Nestlé UK et PepsiCo UK, ont déjà signé, ce qui devrait représenter 60% de la nourriture vendue dans le pays. Même la \"contre-ministre\" de la sante travailliste est intervenue en faveur du nouveau système et a appelé à «nommer et condamner toutes les sociétés qui refuseraient de faire leur part». Seules quelques brebis noires puissantes, telles Cola Cola et Cadbury, ont publiquement refusé, déclarant préférer le système en place.C\'est plutôt en Europe continentale que le choix britannique fait polémique. Un article publié le 16 juillet par le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore alertait notamment sur le risque que les nouvelles étiquettes affectent le quart des exportations agro-alimentaires de l\'Italie vers le Royaume-Uni qui sont constituées de fromages, charcuterie, huiles, sauces et gâteaux: des ventes d\'environ 2,3 milliards d\'euros en 2012. Sans pouvoir évaluer l\'impact du nouveau modèle sur les exportations françaises, l\'Association nationale des industries alimentaires (Ania) craint aussi la stigmatisation de certains aliments qui pourrait en découler.«Le standard adopté ne tient pas compte de l\'alimentation globale ni de la combinaison des aliments», souligne Camille Helmer, responsable des affaires réglementaires de l\'Ania : «Les couleurs sont attribuées en fonction de la quantité de nutriments pour 100g de denrées, alors que les vrais repères devraient être les portions, différentes selon les aliments». L\'Ania promeut en effet depuis 2006 un système d\'étiquetage indiquant la quantité d\'énergie et de nutriments contenue dans une portion de chaque denrée, en pourcentage des apports quotidiens recommandés, afin de permettre au consommateur d\'évaluer tant l\'apport nutritionnel de l\'aliment que la place qu\'il occupe dans son alimentation quotidienne.Le risque d\'un contentieux européenL\'association française émet aussi des doutes quant à la conformité du système anglais à l\'esprit du règlement qui harmonise la discipline dans l\'Union européenne, adopté en 2011. Selon Il Sole 24 Ore d\'ailleurs, la filière agro-alimentaire italienne aurait déjà alerté l\'UE et n\'exclurait pas un éventuel contentieux devant la Cour de Luxembourg. Le président de la commission Agriculture du Parlement européen est aussi intervenu publiquement contre le choix britannique.Selon la presse anglo-saxonne, les premières étiquettes devraient apparaître dans quelques mois et figurer sur la majorité des produits fabriqués ou vendus par les sociétés adhérentes avant la fin de l\'année prochaine. Mais le caractère volontaire du système pourrait aussi en affecter l\'efficacité et la pérennité.S\'il est donc certain que les producteurs français comme italiens n\'adopteront pas spontanément le nouveau système d\'étiquetage, l\'ampleur de la querelle va essentiellement dépendre de la pression que les distributeurs signataires exerceront effectivement. Sur le front européen, il s\'agira également de veiller: l\'obésité n\'étant pas une prérogative britannique, d\'autres pays pourraient prendre le Royaume-Uni en modèle.

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