Le CO2 casse le prix de l'électricité
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matières premièresSur le premier marché européen de l'électricité, l'Allemagne, le mégawatt se sent mal. Hier, les cours de l'électricité pour livraison en février ont touché un plus-bas sur six mois, à 46,60 euros le mégawatt. Un accès de faiblesse lié à celui du CO2, qui patinait de son côté pour des raisons réglementaires (voir encadré). Les producteurs d'électricité sont aussi les plus gros émetteurs de CO2 en Europe : ils doivent donc compenser leur pollution en achetant des tonnes de CO2. Un coût qu'ils répercutent sur le marché de gros de l'électricité. Lorsque les prix du CO2 chutent, ceux de l'électricité chutent aussila convalescence dureMais le CO2 n'est pas le seul élément à peser sur les cours. Les principaux acheteurs d'électricité que sont les industriels européens restent en effet en convalescence. Les plus gros consommateurs de courant sont aussi les plus touchés par la crise : les aciéristes européens ont réduit leur production de près de 40 %. Le raffinage, la chimie et la cimenterie, autres gloutons de mégawatts habituellement, ont aussi fortement réduit leur consommation. Bilan : les capacités de production sont aujourd'hui trop importantes par rapport à la demande. D'autant qu'aucun incident n'est venu perturber la production. Les pluies relativement abondantes ont permis aux barrages de se remplir et l'électricité hydraulique ne manque donc pas. Surtout, le parc nucléaire n'a pas subi d'interruptions majeures, alors que les opérations de maintenance ont souvent un fort impact sur les prix. Mais la dégringolade des cours devrait logiquement s'arrêter là. « On n'est pas loin d'un point bas », assure Emmanuel Fages, analyste à la Société Généralecute; Générale. le virage de l'hiverL'approche de l'hiver avec le redémarrage des convecteurs électriques, dont la France est friande, ainsi que l'accélération des cadences dans les usines pourraient inverser la tendance. Mais, surtout, les producteurs ne sont pas loin de leur coût marginal de production. « Pour une centrale à charbon, le prix du combustible, CO2 inclus, représente un minimum de 31 euros par mégawatt », explique Emmanuel Fages. Un coût auquel il faut souvent ajouter celui du transport du charbon jusqu'à la centrale thermique, qui peut atteindre 10 euros la tonne dans les zones éloignées des ports. Pour le gaz, le prix marginal de production est de 26 euros par mégawatt, mais le poids de l'amortissement de la centrale est souvent plus élevé. Autant dire que RWE, EDF et leurs consorts n'auront plus grand intérêt à faire tourner leurs centrales si les cours baissent encore. Aline Robert
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