Le transport aérien a refait son handicap boursier
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ctions Le secteur aérien a plus que comblé son retard, en Bourse. Les compagnies européennes avaient raté la première partie du rally, de mars à juin, en raison de l'apparition de la grippe A, couplée à la cherté du carburant et à des publications de résultats annuels désastreux dans le secteur. Mais les transporteurs aériens n'ont pas loupé le coche de la deuxième partie du rally boursier, enclenchée le 10 juillet. Depuis cette date, l'indice Bloomberg des compagnies aériennes européennes a rebondi de 48,5 %, alors que l'envolée du Dow Jones Euro Stoxx 50 s'est limitée à 27 %. Si bien que la valeur d'entreprise des transporteurs aériens représente en moyenne près de 10 fois l'excédent brut d'exploitation avant loyers (Ebitdar), estimé par la banque UBS, pour 2009.Pourtant, sur le plan fondamental, la situation ne s'est pas améliorée. Au contraire. L'Association internationale du transport aérien (Iata) estime désormais que le secteur, à l'échelle mondiale, perdra 11 milliards de dollars cette année, au lieu d'une précédente estimation de 9 milliards. classe affaires en berneLa crise économique n'a pas seulement freiné les voyages touristiques, mais également les déplacements d'affaires. Manque de chance, les « businessmen » représentent la clientèle la plus lucrative. Conséquence, les compagnies se sont lancées dans une guerre des prix qui lamine leurs marges. D'autant plus qu'elles ont trop tardé à réduire leurs capacités (nombre de sièges proposés) face à la chute du trafic.Il n'empêche. Le marché est redevenu friand du secteur. Il faut dire que les valeurs de l'aérien font partie des rares titres cycliques à ne pas avoir grimpé, entre mars et juin. Une aubaine pour les investisseurs qui n'avaient pas encore osé revenir sur les actions. À cela s'ajoute une dose de spéculation, la concentration du secteur étant nécessaire dans ce contexte de crise, d'après l'Iata elle-même. Encore faut-il que les compagnies aériennes aient les moyens de réaliser des acquisitions. Or, dans une récente étude, l'agence d'évaluation financière Fitch souligne l'affaiblissement de la qualité de crédit des transporteurs aériens européens. De son côté, UBS, dans une note publiée hier, pointe du doigt Air France-KLM comme la plus endettée des grandes compagnies européennes, avec une dette nette qui représente 5,2 fois l'Ebitdar estimé pour 2010. Aussi, rien ne dit qu'Air France-KLM, après avoir acquis 25 % d'Alitalia début 2009, ira jusqu'au bout de son souhait d'investir dans Japan Airlines, en grande difficulté. Et le fait que la dette nette de British Airways ne représente pas moins de 4,4 fois l'Ebitdar, selon UBS, n'est peut-être pas étranger au fait que le projet de fusion avec Iberia traîne en longueur.
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