La SEC joue la carte de la coopération internationale
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entretien avec Ethiopis tafara, directeur des affaires internationales à la SEC La crise financière a lancé un véritable défi aux régulateurs, obligés de revoir leurs règles, leurs méthodes. Au risque d'agir chacun dans son coin. Dans les faits, Ethiopis Tafara, directeur des affaires internationales à la Securities and Exchange Commission (SEC), constate que depuis le G20 de Washington de novembre 2008 « la coopération entre régulateurs s'est intensifiée, en particulier au sein de l'Organisation internationale des commissions de valeurs mobilières (OICV). Immédiatement après le sommet du G20, des groupes de travail ont été constitués par l'OICV afin de traiter les problèmes inhérents aux ventes à découvert, aux acteurs et marchés non régulés comme les hedge funds et aux dérivés négociés de gré à gr頻. La SEC vient de décider de nouvelles mesures à l'encontre des agences de notation. « Nombre d'entre elles ont été prises en accord avec le code de conduite des agences adopté par l'OICV, qui a reçu l'aval du G20 », précise Ethiopis Tafara.la question des moyensAux États-Unis, comme en Europe, la régulation est en chantier. « Nous attendons du Congrès qu'il adopte les propositions du gouvernement pour élargir les compétences de la SEC vis-à-vis des hedge funds », affirme Ethiopis Tafara. Ce qui pose la question des moyens. « Il y aura toujours des fraudes et des bulles se formeront inéluctablement de temps à autre. Ceci étant dit, afin de préserver l'intégrité des marchés, les régulateurs doivent toujours renouveler leurs dispositifs visant à lutter contre les malversations. » La présidente de la SEC, Mary Schapiro, n'a pas caché que la Commission avait besoin de davantage de moyens. « L'agence a bon espoir que le Congrès répondra favorablement à sa requête. [?] Car il faudra toujours plus de temps aux régulateurs pour développer et employer de nouvelles règles qu'il n'en faut aux marchés pour innover », poursuit Ethiopis Tafara.Secouée par le scandale Madoff, en décembre dernier, la SEC a dû se réformer, avec l'objectif de renforcer la protection de l'investisseur. « L'agence est animée par un sentiment d'urgence que je qualifierais de revigorant afin de restaurer la confiance sur les marchés. Parmi ces efforts, nous avons restructuré nos procédures d'enquête et nous concentrons désormais sur les cas susceptibles de faire le plus de dégâts », explique le responsable. «?dark pools?» surveillés« Nous avons aussi révisé notre système de réception et d'analyse du million de ?tuyaux? et de plaintes qui nous parviennent chaque année. Et nous avons considérablement augmenté nos programmes de formation interne, notamment en matière d'évaluation du risque. » Le gendarme vient d'annoncer la création d'une division spécialisée dans le risque, la stratégie et l'innovation financière.Sa tâche n'est pas simple. Au fil des années, les technologies de négociation ont déclenché une course à la nanoseconde. « De toute évidence, la sophistication croissante des marchés électroniques constitue un défi pour la supervision financière », reconnaît le responsable. Mais, la SEC fait face. « Jeudi dernier, les commissaires ont unanimement proposé l'interdiction de flasher les ordres », rappelle-t-il. Cette fonctionnalité, offerte par quelques Bourses, permettait à un intervenant de soumettre ses ordres à un petit groupe de contreparties avant de le diffuser sur le marché. Mary Schapiro entend aussi examiner d'autres pratiques, dont les « dark pools ».
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