belle et mystique « Mireille »
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opéraCette première production du nouveau patron de l'Opéra de Paris, Nicolas Joël, était bien évidemment très attendue. En mettant en scène « Mireille » de Gounod, l'homme n'a certes pas choisi la facilité. Car cet opéra est très rarement donné et les « aficionados » de Gounod connaissent davantage son « Faust » que cette histoire tirée d'un poème de Mistral et dont le fil conducteur n'est autre que les rapports de l'homme avec Dieu.Dans le détail, l'intrigue met en avant les amours contrariés d'une jeune paysanne, Mireille, avec un pauvre vannier, Vincent. Le père de l'héroïne ne veut pas d'une mésalliance et les deux tourtereaux entendent alors s'en remettre à Dieu pour régler leurs problèmes. L'issue est d'un romantisme torride, Mireille meurt d'insolation au pied d'une croix aux Saintes-Maries, mais une voix céleste annonce que son âme est assurée d'un bonheur éternel dans les cieux. Bref, l'histoire a du mal à tenir le spectateur en haleine? Mais les amoureux de l'opéra en ont certes l'habitude tant les intrigues sont souvent compliquées et invraisemblables.Les points forts du spectacle sont ailleurs. Dans la parfaite tenue de l'orchestre dirigé de main de maître par un Marc Minkowski en très grande forme, et décidément très à l'aise avec la musique romantique, comme on avait déjà pu le constater la saison dernière dans « les Fées » de Wagner. une musique désuèteLa mise en scène, elle, met parfaitement en valeur la singularité des personnages et l'intemporalité de l'intrigue. Certains tableaux nous plongent dans l'univers de Millet et son « Angélus », des paysans de Courbet ou des essais sur la lumière de Monet via ses incomparables cathédrales de Rouen.Nicolas Joël a manifestement eu à c?ur de magnifier le mythe du bon berger, et du bonheur des gens simples, tel que le voyait Jean-Jacques Rousseau. Mais aussi Frédéric Mistral, l'auteur du poème amoureux dont est tirée l'histoire de Mireille. Tentative, il faut bien le dire, plutôt réussie. Celle-ci permet d'ailleurs de faire passer une musique sans véritable imagination et passablement désuète. Car cette ?uvre de Gounod a finalement assez mal vieilli et les nombreux passages « pompiers » nous feraient presque oublier les rares moments d'envolée lyrique permettant aux chanteurs de livrer tout leur talent.La grande majorité d'entre eux n'en manque pas. Surtout le tourtereau (Charles Castronovo) et le père de Mireille (Alain Vernhes), à la diction parfaite. Émouvante, Inva Mula dans le rôle de Mireille s'est complètement mise dans la peau de cette jeune fille mystique. On ne la comprend toutefois pas toujours très bien, et son phrasé s'en ressent. Elle sera sans doute une excellente « Mimi » dans « la Bohème » de Puccini qu'elle prépare à Berlin, rôle moins technique mais à la puissance émotive tout aussi importante. Saluons aussi le ch?ur de l'Opéra de Paris, parfaitement rodé dans son rôle d'accompagnateur des émotions fortes.registre romantiqueEn initiant son mandat avec une ?uvre peu connue dans un registre très romantique, Nicolas Joël a pris des risques. Mais peut-être a-t-il tout simplement voulu se faire plaisir et nous faire plaisir. « La Ville morte » d'Erich Wolfgang Korngold sera sa prochaine production. Le romantisme fera alors place au symbolisme assez sombre d'un compositeur du XXe siècle encore moins connu que Gounod. L'occasion de découvrir les facettes encore cachées du nouveau patron de l'Opéra. n « Mireille » de Charles Gounod (1818-1893) à l'Opéra Garnier. Représentations les 26, 30 septembre. 2, 5, 7, 11 et 14 octobre à 19?h?30 (le 11 à 14?h?30). www.operadeparis.f
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