Au nom de Seve
La Tribune
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golfLe golf obéit-il aux mêmes règles insulaires que le rugby ? Le continent européen est-il destiné à servir le pudding à la perfide Albion et à ses satellites irlandais, écossais, ou gallois. Il faut le croire après la première journée du Vivendi Trophy with Severiano Ballesteros. Né sur les cendres du Seve Trophy, confisqué 4 fois sur 5 par les Britanniques, le Vivendi Trophy suit les mêmes traces que son ancêtre et pourrait appartenir à la couronne dès dimanche. Les « Britons » et autres Nord-Irlandais ont fait mal à l'alliance européenne, en fait scandinavo-espagnole. Ils mènent 3 à 2 à l'issue de la première journée mais cela aurait pu être bien pire sans la révolte du duo ibérique Jimenez et Fernandez-Castano. L'Espagne rempart du continent comme au temps de Ballesteros et Olazabal ! Ballesteros, justement. Le meilleur d'entre eux. Mais absent. Dans un canapé. On pourra regretter le forfait à ce Vivendi Trophy de certains cadors comme Padraig Harrington, qui a préféré les dollars du circuit américain. Mais c'est bien Severiano Ballesteros le grand absent. Contre sa volonté. Le matador de Cantabrie est cloué à son domicile madrilène en raison d'une tumeur au cerveau qui l'a frappé il y a un an. Mercredi soir, il a adressé un message à tous les participants : « J'espérais être présent mais je me sens très fatigué en ce moment. Je viens juste de terminer une session de radiothérapie et j'attendrais la fin de semaine pour savoir si je viens ou pas. » Pour l'instant, le Vivendi Trophy with Severiano Ballesteros, c'est plutôt « without Seve ». Mais, du côté de Simon Gillham, responsable communication à Vivendi, l'espoir demeure : « Il y a de petites chances qu'il soit avec nous dimanche et s'il est là ça sera formidable. »résidence secondaireSeve, lui, savait mater les Anglais, à tel point qu'il a été classé meilleur joueur européen de l'histoire. Bien que retenu sur son canapé après de multiples opérations, Seve est quand même « présent » sur le parcours aux senteurs de pommes de Saint-Nom-la-Bretèche. Son nom, associé à l'épreuve comme le souhaitaient Canal Plus Events et Vivendi, est partout. Saint-Nom, c'est un peu Ballesteros land. L'Espagnol a particulièrement brillé sur ce parcours, y établissant une sorte de résidence secondaire du temps de feu le Trophée Lancôme, qu'il a remporté à quatre reprises (1976, 1983, 1986, 1988).Hier, son petit jeu légendaire et sa connaissance du terrain n'ont pourtant été d'aucune aide aux Suédois Henrik Stenson et Robert Karlsson, qui se sont fracassés sur le mur de bois composé par Anthony Wall et Chris Wood (6 et 5)? Le quintuple vainqueur en Grand Chelem, en revanche, a largement inspiré son compatriote Gonzalo Fernandez-Castano, excellent hier sur le gazon des Yvelines : « Seve, on y pense tout le temps. Ici, on est obligé, son nom est partout ! Il m'inspire chaque fois que je joue au golf, et tout ce qu'il a réalisé me fait réfléchir. » Fernandez-Castano et Jimenez n'ont que son nom à la bouche?Cette inspiration sera-t-elle suffisante pour défendre les couleurs continentales ? Il ne reste plus qu'à attendre que Seve, le roi du « recovery », fasse une apparition dimanche, jour du Seigneur, et partage quelques-uns de ses secrets avec cette formation d'Europe continentale qui semblait encore un peu bancale après le premier jour de compétition.
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