Entre tradition byzantine et influences occidentales et orie...
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Entre tradition byzantine et influences occidentales et orientales est né un art russe. Jannic Durand, commissaire de l'exposition avec Tamara Igoumnova, en trace l'histoire.Que voulez-vous transmettre aux visiteurs à travers cette exposition ?Avec la Sainte Russie antérieure à Pierre le Grand, on est dans un immense pays de confession orthodoxe dans lequel l'icône joue un rôle fondamental. Nous voulons montrer dans un parcours chronologique que cette longue période n'est pas uniforme. Que les icônes présentent une certaine variété, en fonction des lieux, des époques, des techniques artistiques ou des sujets.À quel moment peut-on parler d'un art véritablement russe ?Dès le départ, le poids de Byzance est fondamental. Elle donne la religion aux Slaves de l'Est qui deviendront les Russes de la Rous kiévienne. En même temps, ce qui deviendra la Russie a l'oeil tourné vers l'Orient, mais plus encore vers l'Occident. On le constate à travers des objets occidentaux et le rôle qu'ils ont joué dans la genèse de l'art russe. Ils ont permis en partant d'une tradition byzantine, de l'assouplir, de transformer ces contraintes pour créer un art orthodoxe, certes, mais profondément russe.Mais cet art russe est parfaitement codé...Il faut distinguer l'iconographie et le style. La première se fonde en matière d'icône sur la tradition. Elle doit respecter les canons en vigueur. Pour qu'une oeuvre soit parfaitement sincère et vénérée, elle est obligée de s'approcher au plus près du prototype. « La Vierge de tendresse », comme toute autre Vierge, se recopie indéfiniment. Cependant, en fonction des lieux et du temps les choses vont évoluer. Aux XIe et XIIe siècles, on compte une douzaine de types iconographiques byzantins. Par la suite, on arrivera à quelque 200 variations sur la Vierge. Grâce à la gravure et les connaissances occidentales, on y décèle des influences romanes tardives ou gothiques.Qui dit icônes dit archétypes ?Pour être digne de vénération, l'icône doit répondre à un prototype. Mais on ne peut pas empêcher quelqu'un qui copie un modèle de varier un peu celui-ci. C'est là que l'artiste intervient.Les icônes sont le plus souvent anonymes ?Le respect du prototype entraîne l'anonymat. Ce n'est qu'au tout début du XVIIe siècle que l'on commence à dire qui a peint une icône. Sous Pierre le Grand, ça deviendra obligatoire.Comment peut-on personnifier cet art russe ? Il a une unité formelle qui est le religieux. S'il procède de Byzance dans ses débuts, il se rend très vite autonome, doté d'une force interne. Au XIVe, il s'aide des traditions occidentales tout en revisitant périodiquement le vieux fond byzantin. Les icônes acquièrent une stylisation romane, une puissance expressive, une écriture simplifiée qui leur donnent une certaine force. Au XVIe, le langage est différent. On introduit un naturalisme, un jeu d'ombre et de lumière qui débouche sur une espèce d'unité formelle, en dépit de l'héritage byzantin. D'une manière générale, l'art russe - très expressif, très direct - fait aussi appel à l'affectif. Du Xe siècle à Pierre le Grand, s'il y a des traits d'unité, les variations sont pourtant nombreuses. L'art russeest religieux
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