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Le maigre bilan de la Grande coalition CDU-SPD

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Publié le 25 septembre 2009 à 23:43 - Mis à jour le 25 septembre 2009 à 23:43

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« Pas vrai, Frank-Walter, que tout cela n'était finalement pas si mal ? Oui, Angela, tu as raison. » Ce dialogue imaginaire entre les deux candidats à la chancellerie, inventé par le leader libéral Guido Westerwelle, résume l'autosatisfaction des deux grands partis après quatre ans de coalition. Mais la saynète est ironique. Car le bilan de la seconde grande coalition allemande est bien mitigé.En 2005, l'expérience apparaissait pourtant, en Allemagne comme à l'étranger, comme une formidable opportunité de réformer le pays sans que les décisions ne soient jugées partisanes. « La coalition des nouvelles possibilités », disait alors Angela Merkel. Quatre ans plus tard, les réformes structurelles réalisées sont pourtant peu nombreuses. On peut citer la hausse de la TVA, la révision du système de santé et, surtout, l'allongement de l'âge de la retraite à 67 ans. Des réformes souvent incomplètes, comme dans le cas de la retraite : la grande coalition a transmis au prochain gouvernement la lourde tâche de confirmer la faisabilité du projet et ne s'est guère attelée à la question du mode de financement. C'est que la figure conciliatrice d'Angela Merkel a préféré éviter les sujets qui fâchent et s'est ainsi arrêtée au pied des grands changements : pas d'accord sur un salaire minimal fédéral, ni sur le Code de l'environnement, ni sur une remise à plat de la fiscalité? Angela Merkel a choisi la prudence à l'audace et le compromis à l'affrontement. Et donc une politique des petits pas. Parfois avec courage, cependant, comme lorsqu'elle soutient, contre son propre parti, la politique familiale de sa ministre Ursula von der Leyen, qui visait à mieux concilier travail et maternité. Une prise de conscience bienvenue du problème démographique. Sauf que le baby-boom annoncé n'est pas venu.fragilitésSur le plan économique, le bilan aurait pourtant pu être rayonnant. Le chômage a reculé de près d'un million de personnes en quatre ans et le pays a connu une période de forte croissance en 2006 et en 2007. Sauf que le gouvernement a surtout profité, durant cette période, des effets des réformes Schröder et de l'embellie de la demande mondiale. La coalition s'est laissée vivre, refusant de choisir clairement entre la poursuite de la course à la compétitivité à l'export et le rééquilibrage de la demande intérieure. Berlin a préféré distribuer des friandises aux clientèles des deux partis : baisse de l'impôt sur les successions ou relèvement des prestations sociales, par exemple. Avec la croissance, l'Allemagne attendait avec confiance le retour à l'équilibre des comptes fédéraux en 2011. Mais la grande coalition a joué la cigale et s'est trouvée fort dépourvue quand la crise est venue. L'effondrement de la demande mondiale à l'automne dernier a montré les déséquilibres et les fragilités de l'économie allemande : la décroissance, le déficit budgétaire et la dette atteignent des niveaux record.Pourtant, cette crise a montré la capacité des deux partis à gérer ensemble des situations fort difficiles. Et si l'opportunité des mesures prises peut parfois être contestée, l'union sacrée au sein de la coalition a permis une action rapide et a évité le pire : l'effondrement de la consommation, la faillite d'une banque allemande et celle d'Opel. Et cette coalition jusqu'ici bien pusillanime a renvoyé au pays l'image de politiques responsables et déterminés, malgré la campagne électorale. R. G., à Francfort

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