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Offres d'emplois non pourvues : la France manque-t-elle de travailleurs ?

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Publié le 26 février 2013 à 22:05 - Mis à jour le 26 février 2013 à 22:05

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"Cherche aide-soignant", "cherche développeur informatique", "cherche agent d'entretien",... Alors que les chiffres du chômage continuent à grimper, certaines entreprises ne parviennent pas toujours à recruter.Combien de "postes non pourvus" ?Sur la totalité de l'année 2012, Pôle Emploi a comptabilisé 456.400 offres d'emplois qui n'ont pas été satisfaites. Soit 15,1% de la totalité des offres collectées par l'organisme.Ce nombre varie au fil de la conjoncture. "La tendance, aujourd'hui, en France, est à la destruction d'emplois, rappelle Pôle emploi, il faut donc s'attendre à une baisse du nombre d'offres non satisfaites". Déjà en 2008 et 2009, ces offres "non satisfaites" avaient chuté à 260.000 puis 290.000.source : DaresFaut-il croire ces chiffres ?Ces offres non satisfaites sont cependant à prendre avec des pincettes. Tout d'abord, ces chiffres sont le résultat d'une soustraction entre le nombre d'offres collectées par Pôle emploi sur la totalité de l'année, et le nombres d'offres qui ont été indiquées comme "satisfaites" par les recruteurs auprès de l'organisme. Qui dit que l'entreprise n'a pas trouvé quelqu'un par son propre réseau ?Ensuite, Pôle emploi ne récolte qu'un tiers des offres d'emplois. Il n'a donc pas connaissance du nombre d'emplois réellement non pourvus. Arrivent ensuite les difficultés du recensement : une même offre diffusée sur plusieurs supports pourra être comptabilisée plusieurs fois. Et si un employeur remplace des CDD par des CDD, plusieurs offres pour un même poste auront été publiées dans l'année.Emploi vacant versus emploi non pourvuA côté des offres d'emplois non satisfaites sont également mis en avant les "postes vacants". Un emploi vacant est un poste encore "à pourvoir". Il n'a donc pas vocation à le rester. Il s'agit "a priori, d'une manifestation de difficultés de recrutement", indique une étude du CEE (le Centre d'étude de l'emploi) sur le sujet.Pôle emploi publie annuellement une enquête sur les besoins de main d'oeuvre. Pour 2012, il estimait à 1.608.700 le nombre de projets de recrutement des employeurs sur l'année. Sur ces offres, 42,6% sont assorties de difficultés de recrutement. Soit 685.300 postes qui pourrait rester vacants pendant un certain temps, voire qui seraient non pourvus. Les chiffres pour 2013 seront connus en mai. L'étude du CEE, remarque cependant que les enquêtes et les chiffres restent limités. Et les définitions restent floues.Quels postes sont concernés ?Les recrutements les plus difficiles portent sur les aides à domicile et les aides ménagères, où 66,6% des projets de recrutements sont jugés difficiles. Ils sont suivis par les ingénieurs, cadres d'études et de R&D en informatique, et responsables informatiques, avec 62,3% de difficultés.Puis vient, dans l'ordre, les cuisiniers (64,1% de difficulté), les infirmiers (58,3%), les employés de maison (55,6%), ceux de l'hôtellerie (50,2%), les serveurs (48,8%), les aides soignants (46,5%), les agents de sécurité et de surveillance (46,4%).La Corse (avec 53,2% de difficultés de recrutement anticipées), le Centre (49,2%) et la Bourgogne (48,1%) sont les régions ayant le plus de mal à recruter. En incluant les DOM, Mayotte et la Martinique prennent le dessus, avec respectivement 61,3% et 55,2% de difficultés anticipées.source : enquête BMO, Pôle emploiPourquoi ces offres sont retirées ?Sauf si le recruteur a oublié d'expliquer à Pôle emploi pourquoi il retirait son offre, un poste est déclaré non-pourvu lorsque le besoin a disparu, ou parce que le recruteur n'a pas trouvé de candidat dans les délais requis.Dans sa note de conjoncture du 4ème trimestre 2012, l'Apec (Association pour l'emploi des cadres), écrit que "les procédures abandonnées 3 à 6 mois après avoir été lancées représentent 10 % des recrutements au premier trimestre 2012, soit un niveau habituellement observé. Dans près de 6 cas sur 10, il s'agit de renoncements parce que le poste ne correspond plus à un besoin (29 %) ou pour des raisons budgétaires (29 %). Ces deux motifs sont beaucoup plus fréquemment à l'origine des abandons qu'un an auparavant (respectivement, + 7 et + 9 points), signe d'une dégradation du marché. L'absence de candidature adéquate n'est à l'origine de l'abandon que dans 16 % des cas, en recul de 1 point par rapport à l'an passé." La tendance pourrait se poursuivre en 2013.Des métiers en tensionCertains emplois manquent tout simplement de main d'oeuvre : dans la restauration, chez les infirmiers, dans le bâtiment... Ces métiers souffrent parfois d'une mauvaise image. D'autres rebutent parce qu'ils apportent des inconvénients, en demandant de travailler le soir ou le week-end. Les difficultés pour trouver un salarié peut également provenir du fait que les offres sont essentiellement saisonnières, comme dans l'agriculture (90% des projets de recrutements pour 2012). Les offres de poste de remplaçant perdent également en attractivité si elles ne concernent que quelques heures par semaines, loin du domicile. Le salaire proposé compense-t-il les inconvénients liés au transport ?Selon une enquête du Credoc, en date de juillet 2011, "au cours des cinq dernières années, environ 500 000 personnes en recherche d'emploi ont effectivement renoncé à un poste parce que cela les aurait contraint à accroître leurs dépenses de logement".Des offres "farfelues"Mais les professionnels, comme l'ANDRH (l'association nationale des DRH), avancent aussi le fait que les recruteurs sont parfois trop exigents, ou proposent des offres d'emploi farfelues : bac + 5 avec 10 ans d'expérience payé au Smic. Plus sévère, un consultant de l'Apec écrivait également que certaines de ces offres sont parfois des "offres d'emplois fantômes qui, de manière tout à fait illégale, ne correspondent à aucun poste réel à pourvoir. Leurs publications servent à préparer un appel d'offres, à constituer une base de CV, à se faire de la publicité...". >> Pour aller plus loin, découvrez notre espace emploi La Tribune

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