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Pourquoi Alitalia ne gagne jamais d'argent

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Publié le 26 février 2013 à 22:05 - Mis à jour le 26 février 2013 à 22:05

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Un creusement des pertes et de la dette en 2012; un administrateur délégué débarqué; des actionnaires sollicités pour renflouer la trésorerie : plus de quatre ans après son redécollage dans la foulée de sa faillite en 2008 et sa fusion avec Air One, Alitalia est à nouveau en difficulté. Comme c’est le cas chaque année depuis son redécollage en 2009 et plus généralement depuis la fin des années 90-début 2000.La dette représente près du tiers du chiffre d\'affairesLundi soir la compagnie italienne, dont Air France-KLM détient 25% du capital, a annoncé a avoir enregistré en 2012 une perte opérationnelle de 119 millions d’euros contre un exercice quasiment à l’équilibre en 2011 (- 6 millions). Ceci pour un chiffre d’affaires en hausse de 3,3% à 3,594 milliards d’euros. Le résultat net est quant à lui passé de 69 millions en 2011 à 280 millions d’euros en 2012, en partie en raison d’une charge de 91 millions. Contesté par ses actionnaires, Andrea Ragnetti, l’administrateur du transporteur italien, a démissionné. Il sera remplacé provisoirement par le président du groupe, Roberto Colaninno. Fin 2012, l\'endettement s’est creusé de 175 millions pour dépasser le milliard d’euros (1,028 milliard).Prêt de 150 millions d\'eurosEn outre, la compagnie a besoin de renflouer sa trésorerie. « Il y avait besoin d’une trésorerie supplémentaire qui va se concrétiser par un prêt des actionnaires. Air France-KLM y participe à hauteur de sa participation jusqu’à un maximum de 37,5 millions d’euros », a précisé vendredi Jean-Cyril Spinetta, le PDG du groupe français. Alitalia a indiqué que le seuil minimum de 95 millions d’euros du prêt de 150 millions que doivent lui accorder ses actionnaires a été atteint. Plus de quatre ans après sa restructuration, Alitalia est donc toujours à la peine, même si l’équilibre opérationnel enregistré au quatrième trimestre est encourageant.Le moyen-courrier, le problèmeAlors qu’à l’époque les problèmes d’Alitalia concernaient le réseau long-courrier avec un système pénalisant de double hub (Milan et Rome) qui ne permettait pas de générer des recettes suffisantes,  ils se concentrent aujourd’hui sur le réseau court et moyen-courrier, concurrencé par le train à grande vitesse et les compagnies à bas coûts. Avec là encore cette incapacité à augmenter les recettes, malgré des coûts très bas. « Alitalia a les coûts unitaires parmi les plus bas du marché en Europe, mais ne parvient pas à élever ses recettes », explique-t-on chez Air France. En raison de cette faiblesse des coûts, les marges de manœuvre pour rebondir sont donc réduites.Marché fragmenté\"Alitalia a longtemps gagné beaucoup d’argent sur son réseau domestique grâce la ligne Milan-Rome, mais l’arrivée des low cost sur cet axe l’an dernier, explique ses difficultés à augmenter les prix\", indique-t-on chez Air France-KLM. Un point d\'autant plus critique que le marché italien, pourtant à très fort potentiel (au nord notamment) souffre avec la crise. En outre, Alitalia paye son incapacité à maîtriser de son réseau intérieur sur ce marché fragmenté et compliqué avec des flux de trafic affaires partants de Milan et des flux de trafic loisirs entrants par Rome. Après la suppression du hub de Milan en 2008, le long-courrier n’a plus le même périmètre et afficherait des pertes limitées. Alitalia a décidé d’arrêter Pékin et en se concentrant sur le Japon et l’Amérique latine, « il peut être sauvé », dit-on chez Air France.Une compagnie classique peut-elle gagner de l\'argent en Italie?Il n’empêche, si une low cost peut réussir en Italie, la question est moins évidente pour une compagnie classique combinant des activités court et long-courriers. « Opérer une compagnie aérienne de plein exercice profitable en Italie est en effet un véritable défi», explique-t-on chez Air France-KLM où l’on est bien content d\'avoir été éconduit en 2008 lors de la tentative l’OPA sur Alitalia.

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