Standard & Poor's fait décrocher les places européennes

La décision de l'agence de notation Standard & Poor's d'abaisser la note du Portugal de deux crans, puis, moins d'une heure après, de reléguer celle de la Grèce en catégorie spéculative (elle est directement passée de BBB+ à BB+), a fait souffler un vent de panique sur les marchés européens mardi après-midi. En validant une des pires craintes des opérateurs, à savoir la contagion de la crise grecque aux pays les plus fragiles de la zone euro (Portugal, Irlande, et Espagne notamment), l'agence de notation a fait décrocher les Bourses du vieux Continent. Les inquiétudes ne sont pas prêtes de se calmer. Standard & Poor's a maintenu des perspectives négatives, ce qui signifie que les notes des deux souverains pourraient être à nouveau dégradées. Désormais, les marchés n'hésitent plus à parier sur une restructuration de la dette grecque, voire une sortie du pays de la zone euro, même si les responsables politiques excluent fermement cette dernière possibilité.Athènes a ainsi accusé sa plus forte baisse depuis octobre (? 6 %) ce mardi, tandis que les deux autres capitales qui préoccupent le plus les investisseurs, Lisbonne et Madrid perdaient 5,36 % et 4,19 %. à Paris, le CAC 40 a vécu sa pire séance de l'année 2010 et abandonné 3,82 % et après la clôture des échanges, la dégradation s'est poursuivie sur le contrat future CAC 40 jusqu'à ? 4,6 %. Miné par la décision de Standard & Poor's, l'euro a lui aussi accusé le coup, s'approchant à nouveau de son plus bas niveau de l'année à 1,32 dollar.Valeurs bancairesLes valeurs bancaires ont été les plus affectées : BNP Paribas a chuté de 7,02 %, la Société Généralecute; Générale a perdu 6,02 %, et le Crédit Agricolegricole a lâché 6,42 %. Les banques seraient en effet les premières à être affectées par un défaut de la Grèce ou une restructuration de sa dette, du fait de leur important portefeuille obligataire. De plus, au lendemain de la crise financière, il y a fort à parier que les responsables politiques n'hésiteront pas à les mettre à contribution. « Il est absolument essentiel d'amener les établissements bancaires créditeurs de la Grèce autour de la table pour discuter de la façon dont nous allons résoudre ce problème », a déjà déclaré un des porte-parole du groupe CDU/CSU (le parti d'Angela Merkel). Selon des sources proches de la présidence de l'Union Européenne, un sommet devrait avoir lieu le 10 mai pour déclencher le dispositif d'aide à la Grèce. Les discussions entre le FMI et l'Europe se conclueraient en principe le 2 mai et la première tranche d'une aide internationale pour la Grèce serait versée avant le 19, date à laquelle Athènes doit refinancer 8,5 milliards d'euros de dettes. D'ici là, les marchés actions qui détestent l'incertitude pourraient bien vivre d'autres séances difficiles. nLa Bourse de Paris a vécu sa pire séance de l'année en perdant près de 4 %.

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