« Le discours anti-immigration des républicains pourrait se retourner contre eux »

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Rodolfo Espino, professeur en sciences politiques à l'université d'Arizona StatePlusieurs sondages indiquent que la communauté hispanique ne devrait pas se déplacer en nombre pour ces élections. Pourquoi ?Beaucoup d'immigrés, et plus particulièrement les latino-américains, se sentent laissés pour compte et estiment que les démocrates n'en ont pas fait assez pour eux. Cependant, il y a des signes ces dernières semaines d'un regain d'intérêt. Ils seront certainement moins mobilisés qu'en 2008. À l'image d'ailleurs, de la majorité des électeurs démocrates, notamment les jeunes, qui ont voté pour la première fois lors de la présidentielle de 2008. L'immigration est pourtant devenue un thème central de cette campagne...L'économie et l'emploi restent les principaux sujets de préoccupation. Mais contrairement à 2008, certains candidats cherchent à jouer sur la peur. Beaucoup d'Américains ont perdu leur emploi ou craignent de le perdre. Or on leur explique que c'est la faute des travailleurs illégaux, qui volent le travail des citoyens américains. En fait, le discours des républicains s'est énormément durci.S'agit-il d'un bon calcul politique ?À court terme, oui. En Arizona, la candidate républicaine au poste de gouverneur était à la traîne dans les sondages. Cette tendance s'est renversée après le vote de la loi sur l'immigration. Mais sur le long terme, cette stratégie peut être dangereuse. En 1994, le gouverneur républicain de Californie a adopté un ton très dur envers les clandestins. La communauté hispanique, jusque-là partagée, a nettement basculé dans le camp démocrate. Dans les quinze ans à venir, avec les évolutions démographiques actuelles, ce discours anti-immigration pourrait donc faire perdre les républicains en Arizona.Faut-il s'attendre à un durcissement des textes sur l'immigration avec le basculement attendu de la Chambre ?Je ne pense pas que l'immigration va être l'un des dossiers prioritaires du nouveau Congrès. Il y aura peut-être des tentatives pour ne plus accorder la nationalité américaine aux enfants de clandestins, par exemple, mais aucune réforme ne pourra se faire sans un accord entre les deux partis. Propos recueillis par jérôme Marin, à New York

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