Des risques pour l'environnement

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« Je ne sais pas qui voudrait prendre le risque de mettre en danger les réservoirs d'eau potable. » Le cri d'alarme environnemental d'Alexandre Medvedev, patron des exports de Gazprom, à propos de l'extraction de gaz non conventionnels, peut sembler comique, sinon intéressé. Le géant russe n'a-t-il pas beaucoup à perdre du développement des réserves en Europe, son principal marché ? Mais la question de l'impact environnemental de la production de gaz non conventionnels n'en monte pas moins en puissance.Un bon point : la libération d'importantes réserves de gaz apparaît plutôt bénéfique en termes de rejets. La production d'électricité à base de gaz naturel émet en effet moitié moins de gaz à effet de serre que celle à base de charbon. Mais les questions concernant l'impact de la production de gaz non conventionnels portent principalement sur l'eau et la possibilité que les produits chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique finissent dans des réserves d'eau potable.« Les forages horizontaux sont réalisés à des niveaux bien inférieurs à ceux auxquels se trouvent les nappes phréatiques exploitables pour l'eau potable », souligne Roland Vially, géologue à l'Institut français du pétrole. Même si l'essentiel du mélange liquide utilisé pour fracturer la roche est récupéré, « c'est toujours un problème d'injecter des produits chimiques en profondeur, parce qu'il y a toujours un risque qu'ils remontent à la surface », poursuit-il.Aux États-Unis, les effets sur l'environnement du gaz non conventionnel font en tout cas de plus en plus débat. La semaine dernière, l'agence américaine de protection de l'environnement a lancé une enquête pour évaluer l'impact éventuel de la fracturation hydraulique sur la qualité de l'eau et la santé publique. Henry Waxman, président du comité énergie de la Chambre des représentants, vient d'envoyer à huit entreprises une demande d'information sur les produits chimiques qu'elles utilisent. Le groupe américain Chesapeake a récemment dû renoncer à certaines opérations programmées près de New York, à cause des réticences des populations locales. La montée de ces préoccupations avait conduit Exxon, lors de son rachat à 41 milliards de XTO, à ajouter une clause conditionnant la finalisation de la transaction à l'absence de nouvelles réglementations rendant la fracturation hydraulique « illégale ou impraticable commercialement ». O. H.

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