La Grèce en faillite

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Si les critiques à l'égard de la Grèce sont sévères, elles n'en sont pas moins justifiées. Depuis son entrée dans la zone euro, le pays n'a jamais fait les réformes nécessaires à la constitution d'une administration efficiente et d'un État impartial. Entre 2004 et 2009, sous les conservateurs, le nombre de fonctionnaires a augmenté de 10 %. Près d'un actif sur quatre en est un. Pire, les responsables du gouvernement, profitant de l'euro pour emprunter à de bonnes conditions, ont durant des années falsifié les statistiques. C'est une des raisons des révisions successives à la hausse du déficit public, qui atteint désormais pour 2009 près de 14 % du PIB. Mais il s'agit là des conséquences d'un mal plus profond, un système clientéliste qui utilise l'État pour favoriser des catégories sociales ou des entreprises. Ainsi, les recettes fiscales ont été durant des années d'une extrême faiblesse. Élu pour un tout autre programme en septembre 2009, le socialiste Georges Papandréou a décidé de s'attaquer frontalement à une réforme profonde de l'État grec, qui aujourd'hui frise la banqueroute. Un plan de rigueur et d'assainissement sans précédent a été voté. Jusqu'à maintenant, l'opinion publique a suivi son gouvernement. Mais une potion amère pourrait être beaucoup plus difficile à avaler. Et le risque que la République hellénique connaisse des soubresauts sociaux est réel. R. Ju.

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