L'Allemagne paralysée

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Le 9 mai, c'est la «?journée de l'Europe?» ; c'est aussi le jour où les Allemands votent - ceux tout au moins du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie. Et ce vote, régional, bloque depuis des semaines les marges d'action d'Angela Merkel. Au niveau national, sa coalition est fragile. Elle se divise, notamment, sur la stratégie fiscale. Alors, face au casse-tête grec, craignant une sanction électorale immédiate, personne ne veut prendre un quelconque risque. Aider la Grèce, faire preuve de «?solidarité?» à son égard, les Allemands y sont globalement violemment opposés. Berlin veut imposer à terme à tous les Allemands la retraite à 67 ans quand les fonctionnaires grecs peuvent la prendre à 50 ou 55 ans?! De fait, 11 % seulement des Allemands se disent prêts à secourir les Grecs. Une grande partie de la classe politique rechigne elle aussi à envisager de venir au secours d'Athènes. Si l'Allemagne a voulu l'euro, c'est avant tout pour les critères de Maastricht. Ainsi, en 2007, elle n'a pas hésité à relever son taux de TVA pour assainir ses comptes publics. A l'inverse, depuis son adhésion, la Grèce, afin de payer, entre autres, ses fonctionnaires, a maintenu ses dépenses publiques?: elles égalent 12 points de PIB, contre 6?pour l'Allemagne. Classe politique comme classe populaire s'étranglent donc de frustration sur le cas grec. Les élections du 9 mai pourraient saper l'assise de la fragile coalition à la Chambre haute. Reste les banques : elles détiennent 10?% de la dette publique grecque (17??% pour les banques françaises). En frustrant Athènes d'un sauvetage, Berlin se tirerait une balle dans le pied : son secteur bancaire serait fragilisé par de lourdes pertes. Au risque de perturber les marchés, l'Allemagne fait donc durer le plaisir?: elle paiera, mais à ses conditions et une fois les élections passées. S'il n'est pas trop tard. L. J.B

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