Les coupes budgétaires, tabou du débat électoral britannique

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Les électeurs britanniques connaîtront-ils enfin la vérité sur l'ampleur des réductions budgétaires à venir ? Ce jeudi soir, les leaders des trois principaux partis politiques britanniques se retrouvent pour leur dernier débat télévisé. Son thème est le plus important de cette campagne électorale : l'économie. Gordon Brown, David Cameron et Nick Clegg, les trois candidats, affirment tous que la réduction du déficit sera leur priorité. A 12 % du PIB, celui-ci est l'un des plus élevés au monde (il est presque aussi important que celui de la Grèce, même si la dette britannique reste très inférieure). Pourtant, aucun n'a pris le risque d'expliquer vraiment comment il comptait s'y prendre.ParadoxeUne étude du très respecté Institute of Fiscal Studies vient de jeter une lumière crue sur ce silences des hommes politiques. Selon lui, les travaillistes n'ont dévoilé que 14% des coupes budgétaires nécessaires pour atteindre leur objectif de réduire le déficit de moitié d'ici cinq ans. Les conservateurs font à peine mieux, n'ayant révélé que 18 % de leur plan. Les libéraux-démocrates sont un peu plus ouverts, mais seuls 25 % de la réduction des dépenses prévues ont été clairement identifiés.C'est paradoxal. Chacun des trois partis affirme à qui veut l'entendre que les coupes budgétaires seront inévitables et drastiques. Les conservateurs, qui tiennent les propos les plus durs, prévoient la plus forte réduction des dépenses publiques depuis la Seconde Guerre mondiale. Les travaillistes et les libéraux démocrates tablent sur le plan de rigueur le plus dur depuis 1976, quand le FMI était venu au secours de la Grande-Bretagne. Selon les plans des différents partis, il faudra trouver entre 50 et 70 milliards d'euros d'économies d'ici 2015, soit la moitié du budget de la santé.Sur le fond, les électeurs sont d'accord. Mais quand il s'agit d'entrer dans les détails, pour identifier clairement ce qui sera supprimé, les conservateurs ont appris à leurs dépends que les électeurs n'avaient guère d'appétit pour un plan de rigueur. A l'automne, ils ont annoncé un gel des salaires de la fonction publique, et une suppression des allocations familiales des ménages les plus aisés... et cela les a rapidement fait baisser dans les sondages. Tout juste connaît-on la proportion entre la hausse des impôts et la baisse des dépenses : les conservateurs veulent qu'un cinquième vienne des impôts, tandis que les travaillistes prévoient que la proportion fiscale atteigne un tiers. Les libéraux démocrates sont proches des travaillistes sur le sujet. Le débat de ce jeudi soir risque cependant de ne guère aller plus loin que ces grandes généralités.

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