Cartier-Bresson acclamé au Moma

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Henri Cartier-Bresson a toujours entretenu avec New York une relation particulière, pour y avoir exposé ses photos pour la première fois dans une galerie, puis dans un musée. Et aujourd'hui, le Museum of Modern Art propose l'une des plus belles rétrospectives jamais consacrée au photographe. Il y a dans cette manifestation quelque chose d'exceptionnel. De par sa taille tout d'abord puisqu'elle réunit 300 tirages, d'époque pour la plupart, souvent inédits, puisés au sein des collections du musée, de la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris et de collections privées. Enfin, Peter Galassi, le commissaire de la manifestation, a préféré s'éloigner de la légende qui entoure HCB pour se concentrer sur son oeuvre.Fils de bonne famille, Henri ­Cartier-Bresson (1908-2004) a grandi à Paris. Il commence par se former à la peinture, avant d'opter pour la photographie au début des années 1930. Mais l'homme ne tient pas en place et prend les routes d'Europe, puis du Mexique d'où il ramène une série de photos extraordinaires, d'inspiration surréaliste. Tout y est déjà. Un travail enivrant sur la ligne, une volonté d'attendre cet « instant décisif » où le fond se combine à la forme, des compositions virtuoses.Échappé du stalagPrisonnier pendant la guerre, Cartier-Bresson parvient à s'échapper de son stalag. Il retourne ensuite en Allemagne, photographier un peuple vaincu, une femme pleurant sur des ruines, un enfant errant dans des habits trop grands. Il a besoin de prendre le large. Direction l'Asie. À la fin des années 1940, le continent connaît des bouleversements majeurs. Braquant son objectif sur les foules, il raconte les changements. Et se faufile à l'intérieur des terres pour dévoiler un monde imperméable aux tremblements du siècle, dans des images somptueuses. De retour en Europe, Henri Cartier-Bresson ne tient pas plus en place. En URSS, il est le premier photographe occidental autorisé à rentrer dans le pays à la mort de Staline. Il porte sur l'empire un regard bienveillant. Plus que sur les États-Unis dont il ne supporte ni la ségrégation, ni la vulgarité de la société de consommation. Il faut près de treize sections pour embrasser l'oeuvre de Cartier-Bresson. À l'issue de l'exposition, on en redemanderait presque. Car il a rarement été donné au public de toucher l'essence même du travail du photographe d'aussi près. n « Henri Cartier-Bresson : The Modern Century » au Moma de New York jusqu'au 28 juin, www.moma.org.

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