Le regard politique d'Hélène Fontanaud  : Mitterrand, candidat en 2012

 |   |  362  mots
Régulièrement, l'actuel chef de l'État fait référence au premier président socialiste de la Ve République, dont il admirait l'art florentin de l'intrigue et de l'ambiguïté. « Je vais faire mon Mitterrand », glisse-t-il souvent quand il s'apprête à brouiller les lignes du jeu politique. Nicolas Sarkozy pense tellement à François Mitterrand qu'il a nommé son neveu Frédéric ministre de la Culture. Au nom d'une « ouverture patronymique », car l'ancien animateur de télévision n'est jamais passé de droite à gauche. Et la différence de son oncle. Le pèlerinage de JarnacCette semaine, Nicolas Sarkozy a parlé publiquement de son prédécesseur. Et pas en bien. « Il faut quand même rappeler que c'est François Mitterrand qui a abaissé l'âge de la retraite de 65 à 60 ans. Entre ça et les 35 heures, on aurait eu beaucoup moins de problèmes si la gauche s'était abstenue », a lancé le chef de l'État devant des militants UMP de l'Oise. Ces propos ont suscité une levée de boucliers au Parti socialiste, où, chaque mois de janvier, on organise pieusement le pèlerinage de Jarnac, sur la tombe de l'ancien président. Reste que parler de l'alternance de 1981 à moins de deux ans de l'élection présidentielle, quand on a une popularité plus que vacillante, c'est comme parler de corde dans la maison d'un pendu. Comparaison avec GiscardC'est aussi prendre le risque de réveiller un autre fantôme politique, de susciter même une comparaison avec Valéry Giscard d'Estaing, élu président jeune, comme Nicolas Sarkozy. Giscard semblait imbattable à l'issue de son septennat, mais il fut sèchement limogé par les Français, qui condamnèrent tout autant son style « monarchique » que sa politique économique face à la montée du chômage. Délibérément provocateur, décidé à assumer un choc frontal avec la gauche sur la question des retraites, Nicolas Sarkozy fait donc de l'héritage de François Mitterrand un élément de la future campagne présidentielle. En 2012, trente et un ans auront passé depuis l'orage du 10 mai 1981 place de la Bastille. Quel sera le jugement des Français ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :