Les Russes sont fatigués de Poutine mais ne savent pas comment s'en débarrasser

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Une révolution armée est pratiquement exclue, mais un soulèvement populaire et la désobéissance civile généralisée sont probables, prédit le Centre de Recherches Stratégiques, qui a dans le passé travaillé à plusieurs reprises pour le Kremlin. Le CRS est d\'autant plus écouté en Russie qu\'il est le seul groupe d\'experts à avoir prédit avec précision le mouvement de révolte qui a secoué la scène politique russe en décembre dernier, après plus d\'une décennie de calme apparent.Certes, la saison des manifestations massives (plus de 100.000 participants) s\'est achevée au printemps, mais les experts assurent qu\'il ne s\'agit que d\'un répit et que le pouvoir n\'a aucune raison d\'être rassuré. «La chute de l\'activité protestataire n\'est qu\'un phénomène passager. La défiance envers le pouvoir et l\'irritation causée par le président Vladimir Poutine ne fait que croître». Un désamour (en 2008, la cote de popularité de Vladimir Poutine dépassait les 70%) qui concerne toutes les couches de la société russe. L\'étude emprunte aux méthodes de psychologie sociale pour analyser la manière dont les Russes à travers tout le pays perçoivent le pouvoir. Le CRS a travaillé avec une dizaine de groupes de discussion, lesquels ont «une perception unanimement négative des actions de communication de Poutine». Ce dernier s\'est récemment illustré par un vol en ULM pour aider la migration des cigognes. Il trinque avec des Hells Angels, plonge sous l\'eau pour récupérer des amphores antiques et se livre à d\'autres performances douteuses immédiatement raillées par les internautes russes.Le groupe d\'expert souligne d\'ailleurs l\'émergence de l\'Internet comme source primaire d\'information pour la classe moyenne (la Russie vient d\'atteindre la cinquième place mondiale en nombre d\'internautes). Ceci au détriment de la télévision, étroitement contrôlée par le Kremlin et qui depuis douze ans enjolive Vladimir Poutine en faisant l\'impasse sur les critiques. La propagande ne fonctionne plus et la popularité perdue ne sera jamais reconquise, estiment les experts. Aujourd\'hui, le pays traverse selon eux une «période charnière entre une idéologie de la stabilité poutinienne mourante et des idéologies alternatives qui visent à la remplacer». Quoi qu\'il en soit, les Russes ont tout à fait perdu l\'espoir d\'un changement d\'élite par le biais de scrutins électoraux, falsifiés à tous les étages.L\'étude ne fait pas que prendre la température de l\'opinion publique, elle prédit trois évolutions possibles. La plus réaliste se ferait à travers une désobéissance civile massive, dont le déclencheur serait une crise économique. Vient ensuite le scénario d\'une transition douce: un renouvellement volontaire des décideurs, sans forcément le départ de Poutine lui-même. Pour finir, le scénario qui, selon les experts, a été choisi par le Kremlin. Il s\'agit d\'éviter la révolution en «persuadant les gens qu\'ils sont incapables de changer quoi que ce soit, que les actions personnelles sont inutiles». Pour y parvenir, le pouvoir table sur une «dégradation rapide de la population, la perte des habitudes de travail, la dépression et l\'alcoolisme».

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