Wall Street tourne le dos aux démocrates

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Deux ans après avoir massivement soutenu la candidature de Barack Obama, Wall Street a changé de camp. « L'emploi reste la principale préoccupation et les marchés estiment que les propositions républicaines sont les plus pertinentes », explique Art Hogan, analyste chez Jefferies, alors que le taux de chômage reste toujours proche des 10 %. « L'administration a certes hérité d'un contexte économique difficile mais elle a été incapable de mettre en place des programmes permettant de relancer l'économie et l'emploi. »Dans ce contexte, les investisseurs n'apprécient pas du tout la volonté de Barack Obama de mettre un terme aux avantages fiscaux accordés pendant les années Bush aux ménages déclarant plus de 250.000 dollars de revenus par an. Sans intervention, ils arriveront à terme à la fin de l'année. Pour deux tiers des professionnels de la finance, le maintien de ces avantages doit être la priorité du nouveau Congrès, selon un sondage réalisé par Reuters. « Une victoire républicaine va devoir relancer la recherche du consensus au Congrès » et ainsi déboucher sur un compromis sur ce sujet, estime Kenneth Polacri d'Icap Equities.Non au « big Government »« Un équilibre des pouvoirs va s'installer, ce qui est perçu comme un frein à la progression hors de contrôle des dépenses publiques », poursuit-il. « L'une des plus grandes critiques envers Obama, c'est le poids de l'État », renchérit Art Hogan. Moins de taxes, moins de dépenses, moins d'État... Moins de régulation également. Les marchés attendent ainsi un assouplissement des obligations prévues par la réforme de la santé, qui devrait amputer les profits des entreprises. Ils espèrent aussi que les républicains pourront influencer les modalités d'application de la réforme financière. La portée des limitations sur le trading pour compte propre ou encore l'importance des baisses des commissions sur les cartes de crédit doivent encore être définies par les régulateurs américains.Se fondant sur les sondages, les investisseurs ont déjà intégré le basculement de la Chambre des représentants. Cela a contribué au rally des marchés enregistré depuis début septembre. « Si les républicains parviennent également à prendre le contrôle du Sénat, il faut s'attendre à un gain de 5 % à 6 % pour le S&P 500 », pronostique Jeffrey Friedman, analyste chez Lind-Waldock. Dans une situation similaire, le S&P a grimpé de 20 % lors des 200 séances suivant les élections de 1994. Mais « au contraire, si les démocrates conservaient la majorité au sein des deux chambres, le S&P 500 devrait reculer de 4 % à 5 % ». Jérôme Marin, à New York

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