Comment financer la numérisation des salles ?

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La sortie du film « Avatar » le 16 décembre est à ce jour la plus importante sortie d'un film en relief, sur 500 écrans. Elle pourrait bien marquer un tournant dans l'équipement des salles en projection numérique. En effet, seule une salle numérique peut projeter le film en relief. Avantage pour l'exploitant de la salle : le billet peut être vendu 2 à 3 euros plus cher. Revers de la médaille : un projecteur numérique coûte cher (80.000 euros). Équiper les 5.418 écrans dans l'Hexagone représente donc un investissement de près de 450 millions d'euros.le marché français à l'étudeAujourd'hui, un millier de salles est déjà passé au numérique. Certains exploitants, comme EuroPalaces, ont décidé de financer eux-mêmes cet achat. Mais la plupart recourent au financement par une société tierce, comme le français Ymagis, le britannique Arts Alliance, le belge XDC. Le japonais Sony, déjà actif dans ce domaine en Grande-Bretagne, étudierait aussi le marché français.En pratique, cette société tierce paye l'équipement de la salle, et se rembourse ensuite sur les économies réalisées sur le tirage de copies. En effet, une copie numérique (en pratique un disque dur) coûte seulement 150 à 300 euros, contre 1.200 euros en moyenne pour une copie 35 mm en argentique.Concrètement, une fois le projecteur numérique installé, le distributeur continuera à payer le prix théorique d'une copie argentique, et ce jusqu'à ce que le projecteur numérique soit remboursé, soit durant neuf à dix ans. Ce mécanisme a été inventé aux États-Unis sous le nom de « Virtual Print Fee ».Au printemps 2009, le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), bras armé du ministère de la Culture dans le septième art, a annoncé qu'il proposera lui aussi de financer les projecteurs numériques. Il se propose de prendre en charge 75 % du coût de l'équipement pour 3.000 à 3.500 salles. En novembre, il a proposé aux exploitants de pré-adhérer à son fonds. Les résultats ont été « encourageants », avec plus de 2.600 salles intéressées. Le CNC assure que son fonds est « complémentaire et non concurrent » des sociétés tierces privées. Sa création attend le feu vert de la Direction de la concurrence européenne, et de l'Autorité de la concurrence française, qui doit se prononcer en janvier. JAMAL HENNI

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