Standard & Poor's dégrade encore le Portugal et la Grèce
La Tribune
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Comme annoncé la semaine dernière à l'occasion de la dégradation de la notation du Portugal à BBB, l'agence Standard & Poor's (S&P) a de nouveau frappé et abaissé à BBB- la note de Lisbonne. Pis, S&P a également raboté de BB+ à BB- celle de la Grèce, confirmant le statut « d'obligations pourries » des titres de dette du pays. Ces deux décisions, qui prennent en compte le résultat du dernier sommet européen des 24 et 25 mars, et notamment les termes sous lesquels des États pourront emprunter auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES), n'ont pas manqué de faire réagir. Ricardo Salgado, le directeur général de la banque portugaise Banco Espirito Santo, a ainsi estimé que cette dégradation « ne représentait pas la réalité du pays ». Le ministre des Finances grec s'est, lui, fendu d'un communiqué pour critiquer une décision « déséquilibrée » et « injuste ». Dans le sillage de cette annonce, les taux à 2 ans portugais et grecs se tendaient de respectivement 30 et 42 points de base, à 7,73 % et 15,36 %.« Le MES aura le pouvoir de subordonner les dettes de marché [à ses prêts] et de déterminer si la situation du pays est soutenable ou non pour faire supporter au secteur privé [le coût d'une] restructuration de dette », a expliqué l'analyste Marko Mrsnik au cours d'une téléconférence organisée dans la soirée par l'agence. Déjà largement anticipées par les marchés, ces deux caractéristiques sont préjudiciables aux créanciers des deux pays, a souligné l'agence. S&P a par ailleurs estimé que les « besoins d'emprunts significatifs » de la Grèce et ceux « probablement considérables dans les prochaines années du Portugal » les pousseraient à demander de l'aide. L'agence a néanmoins reconnu que la trajectoire de la dette portugaise pourrait décélérer en 2013 et lui éviter une restructuration, tout en ajoutant qu'elle évaluait l'impact du changement de la notation du Portugal sur les banques du pays. J. B.
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