Le PDG se voyait encore chez Bull en 2014

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« Didier Lamouche estime que la mission que le conseil d'administration lui avait confiée est terminée » : c'est ainsi qu'un porte-parole de Bull expose la démission surprise du PDG du groupe français d'informatique, annoncée mercredi soir. Une explication peu convaincante. Le 30 novembre dernier, lors du rachat de la société de conseil Amesys par Bull, et de l'évocation, par « la Lettre A », de la possible arrivée, à terme, du patron d'Amesys - Philippe Vannier  - à la tête de Bull, Didier Lamouche avait rétorqué, dans les colonnes du magazine « l'Usine Nouvelle » : « Monsieur Vannier dirigera notre activité Systèmes critiques et sécuritaires, avec pour objectif de doubler son chiffre d'affaires d'ici à 2014. Et j'espère bien être là à cette date pour vous en parler. » Difficile d'imaginer que Didier Lamouche, qui se voyait encore chez Bull pour plusieurs années, ait changé d'avis en cinq mois... Surtout que le repositionnement du groupe, qui a publié ce jeudi un chiffre d'affaires en hausse de 9,4 %, au premier trimestre, à 273,2 millions d'euros, n'est pas achevé. Didier Lamouche a lui-même reconnu dans un communiqué que les investissements du groupe « commencent » seulement à porter leurs fruits. Ce repositionnement de Bull vers les services, c'est précisément la mission que le conseil d'administration avait assignée à Didier Lamouche, lors de son arrivée à la tête du groupe, il y a cinq ans. L'homme avait également pour tâche de doter Bull d'un actionnariat stable. Depuis le rachat d'Amesys auprès de la société d'investissement Crescendo Industries, en novembre, cette dernière est le premier actionnaire de Bull, avec 20 % du capital. Ce qui constitue en effet un actionnariat a priori stable, Crescendo se targant d'investir à long terme. désaccord sur la stratégieQui est exactement Crescendo ? Il s'agit du holding familial des Hériard-Dubreuil, par ailleurs actionnaires du groupe de spiritueux Remy Cointreau. Crescendo est également propriétaire de BL Informatique, une société de conseil en technologies, et d'Elexo, un distributeur d'équipements électroniques, informatiques et de télécommunications. Fondée en 2004, Crescendo est présidée par... Philippe Vannier, PDG d'Amesys. L'hypothèse d'un désaccord sur la stratégie de Bull entre Didier Lamouche et Crescendo, évoquée en interne, constituerait une explication plus plausible au brusque départ du PDG, le 10 mai. Ce jour là, le conseil d'administration désignera son successeur. Philippe Vannier ? Christine Lejoux

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