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Trop de pression sur le personnel augmente les risques de fraudePour la majorité des sociétés, le stress au travail est l'un des principaux facteurs engendrant un risque accru de fraude. En période de crise, les entreprises devraient fixer des objectifs plus réalistes à leurs équipes. Le contrôle interne reste le dispositif le plus efficace pour détecter les fraudeurs.Pour une fois, l'arbre n'a pas caché la forêt. Derrière la vague de suicides qui a affecté ces derniers mois France Télécome;lécom, l'opinion publique s'est rendu compte que le stress touchait nombre de salariés dans de trop nombreuses entreprises. Un mal inévitable, diront certains, car les entreprises craignant pour leur survie mettent une pression accrue sur leur personnel. Mais, au-delà du mal-être des salariés, est-ce pour autant efficace en termes de gestion ? Pas si sûr, puisque cette pression accrue fait partie des principaux facteurs de fraude en entreprise : vols, détournements d'actifs, données comptables embellies, etc. Plus des deux tiers des sociétés sondées (68 %) se plaignent de la fraude dans la dernière étude mondiale réalisée (1) par le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC). «?Il faut que les entreprises définissent des objectifs plus réalistes en période de crise?», souligne Jean-Louis Di Giovanni, associé chez PwC. Parmi les multiples pressions engendrant un risque de fraude, près d'une entreprise sur deux (47 %) avance en effet «?des objectifs plus difficiles à atteindre?». «?Il y a également la frustration liée au non-paiement du bonus (23?%)?», estime Jean-Louis Di Giovanni. La tentation serait de maintenir son niveau de vie en dépit de la crise. Toutes ces différentes raisons expliquent pourquoi le risque de fraude a fortement augmenté dans le « middle management ». Il est passé de 26 % en 2007 à 42 % en 2009 !détournements d'actifsPour y faire face, les entreprises doivent donc s'appuyer sur un dispositif efficace de contrôle interne ? dont les effectifs eux-mêmes (cherchez l'erreur !) ont pâti de la crise. 46 % des fraudes (47 % en France) sont détectés grâce aux contrôleurs internes. Dans l'Hexagone, cette proportion progresse de 12 points par rapport à 2007. Un bond qui s'explique par le « développement des programmes de contrôle », tempère Dominique Perrier, associée du département litiges et investigations chez PwC. Viennent ensuite, pour la détection des fraudes, la culture de l'entreprise (34 % des cas), l'audit interne (17 %) et le « whistleblowing » (7 %) ou dénonciation par un salarié de l'entreprise qui a été témoin d'actes illicites.Le détournement d'actifs reste la fraude la plus répandue (voir tableau). Il concerne 67 % des cas dans le monde et 53 % en France. Mais l'évolution la plus significative est la montée de la fraude comptable (une présentation erronée et plus avantageuse des résultats de l'entreprise). Entre 2007 et 2009, elle est passée de 27 % à 38 % au niveau mondial. En France, elle s'élève à 33 % cette année (contre 23 % en 2007). Le plus souvent (85 % des cas), les entreprises licencient le fraudeur. Et près de la moitié d'entre elles (48 %) n'hésite pas à porter plainte.En dehors de fixer des objectifs réalistes à leurs salariés, les entreprises ont intérêt à ne pas oublier deux autres priorités en 2010. « Elles doivent identifier leurs zones de vulnérabilité pour mettre en place des contrôles ciblés et maintenir une tolérance zéro vis-à-vis des fraudeurs », insiste Dominique Perrier. D'autant que les sociétés sondées s'attendent, pour les douze prochains mois, à un risque de fraude croissant. Elles anticipent une hausse de 22 % pour les détournements d'actifs et de 11 % pour les fraudes comptables. Frédéric Hastings (1) étude conduite entre juillet et septembre 2009 auprès de 3.037 entreprises réparties dans 44 pays et réalisée en collaboration avec l'Insead.Étude

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