Prudential cherche à obtenir une réduction de 10 % du prix d'achat d'AIA

Sans ristourne, pas de transaction. Le message envoyé par les actionnaires de Prudential à sa direction est clair : le prix de 35,5 milliards de dollars envisagé pour l'acquisition d'AIA, le bras asiatique de l'assureur américain AIG, est bien trop élevé. Un sondage réalisé auprès des actionnaires par la société Georgeson pour le compte de Prudential a en effet révélé que 56 % seulement des actionnaires étaient favorables à l'accord, selon le quotidien anglais « Sunday Telegraph ». Environ 30 % des investisseurs institutionnels le jugent contraire au meilleur intérêt de la compagnie. Or, la direction doit obtenir le soutien de 75 % de ses actionnaires lors du vote prévu le 7 juin pour valider la transaction. Georgeson va donc poursuivre ses sondages auprès des 5.000 plus importants investisseurs tout au long de la semaine. Tidjane Thiam, le directeur général de Prudential, effectue de son côté la tournée des investisseurs depuis une semaine afin de les convaincre des avantages du rachat et des possibilités que cette opération offrirait à l'assureur britannique. Ses voyages entre San Francisco, Boston et New York lui ont, pour le moment, surtout permis de percevoir leur circonspection. Le prix est jugé trop élevé au regard des perspectives asiatiques de l'assurance et surtout de l'instabilité actuelle des marchés financiers (la valeur boursière d'AIA a perdu 15 % depuis l'annonce de l'accord, le 1er mars). Capital Group, plus gros actionnaire de Prudential, lui aurait pourtant accordé son soutien dans l'éventualité où il obtiendrait une réduction de 10 % sur le prix de reprise original.incertitudeSamedi matin, Tidjane Thiam s'est enfermé avec les membres du conseil d'administration d'AIG et les responsables du Trésor américain afin d'obtenir cette remise. Ce dernier détient en effet 80% d'AIG. En cas d'entente, une annonce pourrait être faite mardi matin à la Bourse de Londres, fermée ce lundi pour cause de jour férié. Dans le cas contraire, le vote sera certainement repoussé et « l'accord du siècle », comme cette opération est surnommée, plus que sérieusement remis en cause. Tristan de Bourbon, à Londres

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