Chaque mois de mai, pendant que tout le monde a les yeux rivés sur le Festival de Cannes, un autre événement cinématographique de première ampleur prépare aussi son « tapis rouge ». Ou plutôt ses avions en papier : au festival d'animation d'Annecy, il est en effet de tradition de faire voler ces pliages enfantins au début des séances de projection ! L'année dernière, pas moins de 17.400 accrédités de 100 pays avaient fait le déplacement pour le festival, soit une augmentation de 140 % de fréquentation en dix ans, ce qui fait de lui le premier des festivals d'animation mondiaux.
Les aficionados - des professionnels mais aussi le grand public - devraient être encore plus nombreux pour cette 65e édition, qui débute aujourd'hui et célébrera les 40 ans du Mifa (Marché international du film d'animation) : pendant une semaine, l'immense campus de 10.000 mètres carrés va donc accueillir créatifs et producteurs, artisans et techniciens, patrons de studios (25 seront présents) et réalisateurs... Et avec eux, autant de petits personnages en devenir et de grands dessins animés à naître bientôt sur nos écrans.
Preuve que l'animation est un genre en pleine vitalité, quatre films (français) sélectionnés à Annecy, en lice pour décrocher le Cristal d'or, faisaient aussi partie des sélections du Festival de Cannes, temple de ce que l'on appelle le « live action », la prise de vues réelles : Amélie et la Métaphysique des tubes, de Maïlys Vallade et Liane-Cho Han (en salles le 25 juin), adapté du roman du même nom d'Amélie Nothomb, Arco, d'Ugo Bienvenu, l'histoire d'un petit garçon venu du futur, et Marcel et Monsieur Pagnol, le joli nouvel opus de Sylvain Chomet (Les Triplettes de Belleville), un biopic consacré au célèbre auteur provençal, ont été présentés aux Séances spéciales cannoises. Planètes, de Momoko Seto, l'épopée spatiale de graines de pissenlit trouvant refuge sur une autre planète après des explosions nucléaires terrestres, faisait, lui, la clôture de la Semaine de la critique.